Le 5 mai dernier a eu lieu, à Paris, la conférence de presse du printemps 2026 de la FPP. En présence de journalistes de la presse généraliste et spécialisée, la Fédération avait préparé un programme riche en contenus, entre présentation des chiffres de l’année 2025 et du 1er trimestre 2026, une présentation des bienfaits de la piscine sur la santé globale, l’annonce du lancement d’une campagne sur les réseaux sociaux et la mobilisation de la FPP autour du sujet des piscines collectives privées et des piscines publiques.
Sommaire
Lors de son discours d’introduction, Stéphane Figueroa s’est dit heureux de voir que le secteur avait progressé en 2025 – confirmant la place de champion d’Europe du marché français – et que la saison 2026 avait connu un meilleur démarrage qu’espéré. Des chiffres qui traduisent une aspiration croissante et durable des Français à la stabilité dans un contexte international marqué par l’incertitude. « La piscine n’est plus simplement un équipement mais une réponse concrète à une nouvelle attente : pouvoir se ressourcer sans partir de chez soi, retrouver au quotidien un peu de ce bien-être qu’on allait chercher ailleurs auparavant. En un sens, nous ne sommes pas simplement un marché du loisir, mais également un acteur du bien-être contemporain. »
Le secteur de la piscine, un acteur du bien-être contemporain
Il a ensuite évoqué l’engagement de la FPP à devenir la Fédération de toutes les piscines, rappelant que le réseau des piscines publiques restait insuffisant pour couvrir l’ensemble des besoins des Français avec une piscine pour 16 700 habitants et un déficit estimé à plus de 400 piscines sur le territoire. Un sujet d’autant plus important alors que l’apprentissage de l’aisance aquatique et de la natation se fait dans les piscines publiques et privées.
Pour finir, Stéphane Figueroa a rappelé que le secteur touristique constituait un levier de développement majeur pour les territoires, et que la piscine était un critère d’attractivité décisif pour les campings, les gîtes et les résidences hôtelières.
Marché de la piscine 2025 : des chiffres stables
Après un début d’année 2025 délicat, marqué par un repli au printemps (notamment un mois d’avril à -12 %), le marché a amorcé un redressement dès l’été 2025 (+16 % en juin), stimulé par le retour du soleil et des températures estivales.
90 600 nouvelles piscines en 2025
En 2025, il s’est installé 90 600 piscines familiales dont 46 800 enterrées et 43 800 hors-sol, ce qui porte le parc de piscines à 3,7 millions au 31 décembre dont 1,78 million enterrées et 1,9 million hors-sol.
+2,8 % de devis sur l’année
Sur l’ensemble de l’année 2025, le nombre total de devis affiche une progression de +2,8 % par rapport à 2024 grâce à une hausse de +7 % des devis en juin, et surtout de +7,5 % et de +7 % respectivement aux 3e et 4e trimestres.
+9 % au 4e trimestre 2025
Après un hiver difficile et un printemps en demi-teinte, le marché a repris des couleurs à partir de juin, avec une hausse presque continue des ventes de piscines jusqu’à la fin de l’année grâce aux bonnes performances constatées sur les mois de juin (+16%), juillet (+10 %), octobre (+14 %) et décembre (+23 %). L’année 2025 s’est achevée sur une quasi-stabilité des commandes (-0,6 %) par rapport à 2024. Les livraisons de piscines se sont elles aussi accélérées à la fin de l’année (+8,5 % au quatrième trimestre par rapport à 2024).
+12 % au 1er trimestre 2026
Sur les 3 premiers mois de l’année 2026, les ventes de piscines ont progressé de +12 % par rapport à 2025 et le nombre de devis établis de +6 % (-4 % en 2025). Ces premiers chiffres semblent confirmer la reprise du marché initiée à l’été 2025. Quant aux carnets de commandes, la FPP précise que près de la moitié des entreprises disposent désormais de commandes assurées jusqu’à juin 2026.
Une approche « santé globale » de la piscine
La Fédération avait invité Laure Geisler, médecin généraliste et journaliste médicale, spécialiste de la prévention, venue présenter les bénéfices de la natation et de la baignade en piscine sur la santé globale des Français.
Le résumé.
La santé physique : l’eau comme médicament préventif et comme alliée contre la sédentarité
L’activité physique en milieu aquatique agit comme un bouclier contre les maladies chroniques en prévenant les maladies cardiovasculaires, en régulant la glycémie, en réduisant la tension artérielle, etc.
La pression hydrostatique de l’eau offre une contention naturelle qui stimule le retour veineux, tandis que la poussée d’Archimède libère le corps de 90 % de son poids pour lutter efficacement contre les douleurs lombaires.
Conformément aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la pratique de la natation permet de maintenir la masse musculaire, de travailler l’équilibre fonctionnel et la coordination sans aucun risque de chute au sol.
- Chez les enfants et adolescents (5 à 17 ans), elle favorise la croissance et le développement moteur à travers des activités d’endurance et de renforcement.
- Pour les adultes (18 à 64 ans), l’aquagym ou la natation sportive permettent de prévenir les maladies cardio-respiratoires, le diabète et la dépression.
- Enfin, chez les seniors (65 ans et plus), les bienfaits de l’eau répondent directement aux impératifs de santé cardiovasculaire tout en apportant un soutien crucial pour préserver l’équilibre et l’autonomie.
- Enfin, la piscine est un allié précieux face aux fortes chaleurs d’été en permettant aux enfants, aux adultes et aux seniors de réguler leur température corporelle pour éviter la déshydratation et les coups de chaleur.
La santé mentale : l’eau comme espace de résilience et de détente
En procurant un apaisement psychologique profond associé à une sensation de retour à la sécurité originelle, l’immersion en piscine favorise la déconnexion et la régulation émotionnelle, notamment du stress et de l’anxiété, et contribue à améliorer l’estime de soi, particulièrement chez les personnes souffrant de troubles mentaux. Espace de résilience et de détente contre les pressions du quotidien, la pratique régulière de la nage participe à l’amélioration de la qualité du sommeil et à un meilleur équilibre psychologique général.
La santé sociale : un vecteur de lien et d’apprentissage
La piscine favorise la convivialité familiale et amicale tant dans le cadre privé que public, tout en étant créatrice de lien social à tous les âges de la vie. Pour la jeunesse, l’apprentissage précoce de la natation et le développement de l’aisance aquatique dès la maternelle constituent une nécessité absolue pour garantir l’autonomie, renforcer la confiance en soi, accompagner le développement harmonieux du corps et prévenir les douleurs de croissance. Pour les seniors, elle permet de lutter contre l’isolement et de maintenir la vitalité, sans risque de chute ou de blessure.
Piscines publiques : un maillage insuffisant et un parc vieillissant
Laurent Azam, président de la commission publique, a rappelé la décision prise par la FPP en 2024 d’accentuer son implication dans la piscine publique, qu’elle soit privée ou collective, la Fédération ayant toujours été un acteur du secteur en participant depuis plus de 15 ans à l’élaboration de ses normes.
Quelques chiffres sur la piscine publique en France :
- 4 100 piscines publiques soit 6 500 bassins pour 1 100 000 m² de surface aquatique ;
- soit 1 piscine pour 16 700 habitants ;
- 85 % de ces piscines appartiennent aux collectivités locales, ce qui confirme leur rôle central pour l’accès à la natation.
La piscine est le seul équipement sportif capable de concilier simultanément des usages scolaires, associatifs et grand public, avec une occupation soutenue toute l’année (souvent de 6 h du matin à 23 h le soir). 70 % des bassins couverts hébergent un club affilié à la FFN.
Malgré tout, ce maillage est insuffisant. Le ratio national est de 130 m² d’eau pour 10 000 habitants, contre un niveau de référence de 170 m². Il manque environ 200 000 m², soit 400 bassins de 25 mètres. De plus, les disparités régionales sont énormes : plus d’un tiers des intercommunalités n’ont aucune piscine, et un autre tiers n’a qu’une offre estivale.
Ce déficit s’inscrit dans un parc vieillissant : une piscine sur deux a plus de 38 ans. Elles sont issues du plan « 1 000 piscines » des années 1960-1970 (les piscines Tournesol, Caneton…). Ce parc a été conçu avec des exigences énergétiques d’un autre siècle. Cette vétusté alourdit les charges dans un modèle économique déjà fragile : aujourd’hui, l’eau et l’énergie représentent 25 à 30 % des charges d’une piscine collective.
La rénovation énergétique et la modernisation technique pour contenir les charges et diminuer l’impact environnemental de ces piscines sont des priorités de la Fédération, prête à accompagner les gestionnaires face au décret tertiaire, qui impose des réductions de consommation d’énergie de 40 % en 2030, 50 % en 2040 et 60 % en 2050.









