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Noyades 2026 : un 1er bilan en hausse qui rappelle l’urgence de la prévention

Bilan des noyades au 15 juillet 2026

En 2026, les beaux jours sont arrivés tôt, et la météo printanière a rapidement laissé place à des épisodes de chaleur exceptionnelle. Hélas, la fréquentation accrue des plages, des rivières, des plans d’eau et des piscines pour trouver un peu de fraîcheur s’est accompagnée d’une augmentation du nombre d’accidents de noyade.
Comme en 2025, les données du bulletin Noyades de Santé publique France[1] invoquent les conditions météorologiques, la hausse de la fréquentation et l’exposition au risque. Néanmoins, ce premier bilan 2026 fait apparaître plusieurs évolutions importantes.

Dans cet article, nous analyserons les chiffres des accidents de noyades selon plusieurs angles :

  • leur temporalité, leur géographie et l’impact des épisodes caniculaires
  • l’augmentation des noyades en piscine, qui ne doit pas faire oublier qu’elles ne constituent pas le principal lieu de survenue des noyades
  • la typologie des victimes de noyade et l’accidentologie accrue des adultes pour cette première partie de saison

Nous évoquerons enfin le rôle que le secteur des piscines et ses professionnels ont à jouer dans la prévention.

[1] Bulletin Noyades, « Surveillance épidémiologique des noyades durant l’été 2026 », période du 01/05/2026 au 15/07/2026, édition nationale du 24/07/2026, publiée par Santé publique France et le Système national d’observation de la sécurité des activités nautiques (Snosam).

La hausse des noyades se concentre dans le temps et varie fortement selon les territoires

Entre le 1er mai et le 15 juillet 2026, 925 noyades ont été recensées en France, contre 809 sur la même période en 2025, soit une hausse de 14 %. Parmi elles, 274 ont été suivies d’un décès sur le lieu de la noyade, soit une proportion de 30 %.

Plus il fait chaud, plus le nombre de noyades augmente

Près de trois noyades sur quatre ont eu lieu pendant les périodes de vigilance canicule :

  • 73 % des noyades (675 noyades),
  • 79 % des noyades suivies de décès (216).

La corrélation est d’autant plus significative que les jours de canicule représentent 50 % du nombre de jours de cette période.

Si les fortes chaleurs ne suffisent pas à elles seules à expliquer chaque noyade, elles ont en revanche favorisé une fréquentation accrue, parfois dans des lieux peu adaptés ou non surveillés.

Une augmentation des noyades dans les terres

Le nombre de noyades est globalement plus élevé dans les régions du sud de la France et dans les régions côtières. PACA, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes comptabilisent 52 % des noyades (39 % des noyades suivies de décès). Santé publique France avance plusieurs facteurs explicatifs : elles sont les régions les plus touristiques, trois d’entre elles ont une façade maritime, elles concentrent la majorité des piscines privées familiales, elles disposent d’un nombre important de cours d’eau et de plans d’eau.

Deux autres chiffres sont plus surprenants. En effet, le nombre de noyades a augmenté de manière significative :

  • dans les régions sans façade maritime, avec + 48 % d’accidents ;
  • dans les régions de la côte nord-ouest, avec + 74 % d’accidents.

L’Île-de-France illustre la progression des noyades dans les régions de l’intérieur

Le bilan francilien montre l’ampleur de cette évolution :

  • Le nombre de noyades suivies de décès passe de 14 en 2025 à 35 en 2026.
  • En Seine-et-Marne, ce nombre triple et passe de 5 à 15.
  • Parmi les 35 noyades mortelles recensées en Île-de-France, 31 se sont produites pendant l’une des trois périodes de vigilance canicule.
  • En Seine-et-Marne, 14 des 15 décès sont survenus également pendant ces périodes.

Santé publique France indique que les baignades dans des sites naturels non aménagés ou interdits, notamment pendant les périodes de vigilance canicule, peuvent expliquer en grande partie cette hausse.

Les noyades suivies de décès doublent dans les piscines et les lieux artificiels aménagés

Le doublement du nombre de noyades suivies de décès dans les piscines et lieux artificiels aménagés constitue l’une des données les plus marquantes pour la filière. Entre le 1er mai et le 15 juillet, 60 noyades suivies de décès ont été recensées dans des piscines et autres lieux de baignade artificiels aménagés, contre 31 sur la même période en 2025.

Ces accidents se sont produits dans la quasi-totalité des régions hexagonales (12 sur 13), ce qui montre qu’ils ne relèvent pas d’une situation isolée. Leur répartition précise également la nature des lieux concernés :

  • 51 décès en piscines privées familiales,
  • 1 décès dans une piscine publique,
  • 8 décès en base de loisirs ou base nautique.

Santé Publique France avance plusieurs pistes avec prudence pour expliquer cette augmentation des noyades. La recherche de fraîcheur aurait conduit davantage de personnes vers les piscines, les bases de loisirs et les autres lieux de baignade aménagés. Certaines d’entre elles auraient pu surestimer leurs capacités physiques ou être victimes d’un malaise lié à une pathologie chronique.

Attention aux raccourcis : ce n’est pas dans les piscines qu’on se noie le plus

Le nombre de noyades a augmenté en piscines privées, certes, mais celles-ci ne sont pas le principal lieu de survenue des noyades. En 2026 comme en 2025, la majorité des noyades, tous âges confondus, surviennent dans les rivières (30 %), les plans d’eau (15 %) et la mer (32 %) contre 19 % dans les piscines privées familiales. Ainsi, même si l’on observe une augmentation de 7 % dans ce segment par rapport à l’année précédente, il reste que les accidents de noyade ont été plus nombreux en milieu naturel qu’en bassin.

La population adulte concentre l’essentiel de la hausse des accidents de noyade

2025 avait été marquée par une forte progression des noyades chez les enfants. Le bilan 2026 à mi-saison présente un profil différent, puisque la hausse du nombre total d’accidents concerne principalement les adultes.

Entre le 1er mai et le 15 juillet :

  • Les noyades touchant des personnes de 18 ans ou plus sont de 453 (en 2025) à 535 (en 2026), soit une hausse de 18 %.
  • Les adultes représentent 58 % de l’ensemble des noyades recensées et 87 % des noyades suivies de décès.
  • Parmi les 535 accidents qui concernent les personnes majeures, 237 ont une issue mortelle, soit 44 % d’entre eux.
  • Les décès ont eu lieu en mer (84 victimes), dans les cours d’eau (66 victimes), dans les piscines privées familiales (44 victimes) et les plans d’eau (36 victimes).

Les accidents de noyade chez les moins de 18 ans : dans cette tranche d’âge, le nombre de noyades suivies de décès reste identique à celui de 2025, avec 37 victimes. On observe toutefois une grande disparité selon les âges :

Tranche d’âgeNombre de noyade avec décès
Moins de 6 ans9
6-12 ans4
13-17 ans24

23 des 37 noyades mortelles se sont produites dans une rivière ou un plan d’eau. Parmi les 14 autres, 12 ont eu lieu en piscine ou dans un autre espace de baignade artificiel aménagé.

Ces chiffres montrent que la prévention est nécessaire pour les enfants, mais qu’elle ne se limite pas à eux. Les adultes aussi sont pleinement concernés par les risques de noyade. L’âge, l’état de santé, le niveau réel de natation, la fatigue et la capacité à mesurer ses limites sont des sujets clés à aborder dans les campagnes de sensibilisation.

Mettre en place une prévention qui s’adresse à tous les publics

Santé publique France rappelle plusieurs principes simples :

Campagne de prévention contre les risques de noyade de la FFN
  • Dans toutes les situations, les adultes doivent surveiller activement les enfants et/ou se baigner avec eux.
  • Dans le cadre des piscines familiales privées, la famille doit désigner un adulte responsable de la surveillance de chaque enfant, comme incite à le faire le kit Vigiplouf de la FPP.
  • L’apprentissage de la nage doit commencer le plus tôt possible, d’où l’importance de construire, de rénover et d’entretenir les piscines publiques, qui sont des lieux d’apprentissage privilégiés.
  • Dans les lieux publics naturels extérieurs, les baigneurs doivent privilégier les zones surveillées et respecter les interdictions.
  • Chaque personne doit tenir compte de son état de forme et adapter son effort à ses capacités, idéalement se faire accompagner pour ne pas se baigner seul.
  • Les baigneurs doivent entrer progressivement dans l’eau lorsque l’écart de température entre l’air et l’eau est important.
  • Les personnes âgées, les personnes atteintes d’une maladie chronique et celles qui suivent un traitement doivent faire preuve d’une vigilance renforcée, quitte à renoncer, en cas de doute, à se baigner.
  • Les baigneurs doivent éviter toute consommation d’alcool avant et pendant la baignade.

La FNN a d’ailleurs lancé une campagne de prévention contre les risques de noyade en ce début d’été avec quatre films inspirés de situations du quotidien, consacrés à la surveillance des enfants, à l’alcool, à l’excès de confiance et aux courants en milieu naturel

Pisciniers, vous avez un rôle à jouer !

Professionnels de la piscine, la sécurité ne se résume pas à l’installation d’un dispositif de sécurité normalisé. Elle se joue dans les échanges avec les propriétaires, dans les conseils de prévention donnés lors de la mise en service du bassin, de sa remise en route ou d’une intervention d’entretien.

Le bilan 2025 avait déjà souligné l’importance de la surveillance et de l’apprentissage de la natation. Les données de mi-saison 2026 élargissent encore le regard : lorsque les épisodes de chaleur surviennent plus tôt et augmentent la fréquentation de tous les lieux de baignade, la prévention doit s’adresser à chacun, quel que soit son âge ou son niveau supposé dans l’eau.


L’intégralité du bulletin de surveillance des noyades publié le 24 juillet 2026 est à retrouver ici :

https://www.santepubliquefrance.fr/traumatismes/noyade/bulletin-national/surveillance-des-noyades-durant-lete-2026-bulletin-du-24-juillet-2025