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Adaptation climatique : la question de l’eau

Dossier : Adaptation de la filière piscine au changement climatique

Une ressource en eau sous tension

L’augmentation de la fréquence des sécheresses a pour conséquence inéluctable de questionner les pouvoirs publics sur le prix du mètre cube d’eau en France. Les débats autour de la taxation de l’eau se multiplient, plusieurs hypothèses étant envisagées comme une taxation progressive sur le volume consommé ou une tarification saisonnière. La nécessité de réparer les réseaux fuyards et l’interconnexion des réseaux vont également faire monter la facture d’eau.

L’autre conséquence est le durcissement des réglementations et la multiplication des arrêtés restreignant les usages de l’eau qui limitent le remplissage ou la mise à niveau des piscines et impactent l’activité des entreprises de la piscine.

Face à ce double constat, la filière piscine communique depuis plusieurs années sur l’importance d’équiper sa piscine d’une couverture (isothermique, à barres, souple, volet immergé ou hors sol), d’un abri (plat, bas, haut), d’une terrasse ou d’un fond mobile.

Et elle ne manque pas d’arguments, la couverture d’un bassin permettant de réduire l’évaporation de 50 à 95 % (chiffres FPP). D’autant qu’avec des étés plus longs et chauds, l’évaporation naturelle des bassins non couverts augmente de manière importante.

Exemple pour une piscine enterrée familiale de 8 × 4 m
et d’une profondeur de 1,35 m en moyenne située à
Toulouse.

Un autre enjeu pour le secteur est d’inciter ses clients à installer des compteurs d’eau dans leur local technique pour connaître la consommation réelle de la piscine.
L’objectif est double : 

  • sensibiliser les particuliers à la question de la consommation de leur piscine – comme pour leur consommation d’eau à usage domestique avec les compteurs connectés – et leur apprendre les bons gestes pour la protéger.
  • disposer de données qui, consolidées, permettront à la filière d’affiner ses chiffres sur la consommation en eau du parc de piscines françaises.

L’ensemble des données recueillies permettra aux professionnels de disposer de chiffres cohérents et validés qui les aideront à contrer les arguments face au « pool bashing ».

Sécheresse climatique vs sécheresse météorologique

Il est facile de confondre sécheresse météorologique et climatique, surtout après une période de pluies abondantes. La différence entre ces deux notions repose sur le facteur déclenchant et l’échelle de temps.

La sécheresse météorologique : un manque de pluie. Ce type de sécheresse est marqué par un déficit temporaire et prolongé des précipitations par rapport aux moyennes de saison. Il ne pleut pas (ou pas assez) pendant plusieurs semaines ou mois. Elle se mesure en comparant la hauteur de pluie en millimètres d’une période par rapport à l’historique des pluies sur la même période les années précédentes.

La sécheresse climatique : une hausse des températures et de l’évaporation. Cette sécheresse est dite structurelle car induite directement par le réchauffement climatique global. Même si l’hiver a été pluvieux – et met fin à la sécheresse météorologique – et qu’il pleut autant qu’avant sur une année complète, la hausse globale des températures augmente l’évaporation de l’eau et la transpiration des plantes (évapotranspiration). L’atmosphère, plus chaude et plus sèche, « aspire » littéralement l’eau présente dans l’environnement, ce qui explique pourquoi, avec la même quantité de pluie qu’il y a 30 ans, la sécheresse se manifeste plus rapidement en asséchant profondément les sols.

La sécheresse climatique amplifie le phénomène de retrait-gonflement des argiles (RGA). Les sols argileux profonds, situés bien au-dessous de la zone racinaire des plantes, se « déshydratent » et se rétractent sous l’effet de cette sécheresse globale, provoquant des mouvements de sol et des risques de désordres sur les maisons et les piscines.

Les solutions techniques pour une gestion raisonnée de l’eau de la piscine

Aujourd’hui, l’éventail de solutions pour connaître et limiter la consommation d’eau des piscines est large. Il doit permettre aux professionnels d’être force de proposition et de conseiller et orienter leurs clients vers la solution la plus adaptée à leurs besoins et à leur budget.

Comment mesurer la consommation et identifier les pertes d’eau ?

Compteur d’eau avant le robinet d’arrivée dans le local technique ou capteur de niveau connecté qui permet de mesurer le volume d’eau consommé et de détecter une micro-fuite s’ils constatent une consommation anormale…, les solutions sont déjà là et les fabricants travaillent en permanence à améliorer leur précision et leur efficacité. Des solutions qui devraient se démocratiser rapidement dans les prochaines années.

Pourquoi couvrir le bassin est la solution n°1 pour des piscines économes en eau ?

Une très grande partie du parc français de piscines est équipé d’une solution de couverture. Le travail réalisé par les acteurs du secteur pour que les piscines de leurs clients soient protégées par un système de sécurité a porté ses fruits. Idem pour le maintien de la température, surtout lorsque la piscine est chauffée. Le défi est désormais de leur expliquer qu’un volet ou un abri est également une barrière qui limite l’évaporation et que l’un des bons gestes est de couvrir leur piscine dès qu’ils n’en ont plus l’usage pour prévenir l’évaporation.

Comment recycler et réutiliser l’eau de la piscine ?

Réutiliser l’eau des contre-lavages (backwash) après déchloration pour l’arrosage du jardin ou la réinjecter dans le bassin après être passée dans un filtre dédié.
– Récupérer les eaux de trop-plein : Comment intégrer des systèmes de stockage (cuves enterrées ou souples) pour récupérer l’eau en automne/hiver afin de compenser les niveaux en été. (cf. « Récupérer les eaux de trop-plein : une solution pour réduire le besoin en eau des piscines »).
– Opter pour des masses filtrantes (verre par exemple) ou des filtres multicartouches qui permettent de réduire la fréquence des contre-lavages par rapport à un filtre à sable classique.

De la nécessité de travailler autrement et du conseil au client

L’inversion du calendrier de construction et de remplissage (cf. « Adaptation climatique : repenser votre organisation et la gestion de vos chantiers »). Objectif : planifier les chantiers de gros œuvre en automne et organiser les remplissages initiaux dans les périodes où la ressource en eau est bien disponible – de novembre à février –, quand les nappes se rechargent et avant la publication des arrêtés sécheresse.

Et quand il n’y a pas d’eau pour remplir ? Il reste à gérer le client à qui vous ne pourrez pas livrer sa piscine (cf. pXXX « La gestion de la relation client face aux aléas climatiques ») ou à recourir à des camions-citernes pour la remplir. 

Du conseil, du conseil, et encore du conseil

Sensibiliser, conseiller et former le client – pendant la construction (ou la rénovation) et à la livraison – aux bonnes pratiques et solutions pour réduire sa consommation d’eau :

  1. couvrir sa piscine dès qu’il ne s’en sert plus ;

  2. ne pas vider sa piscine chaque année ;

  3. analyser régulièrement l’eau du bassin pendant la saison ;

  4. comprendre l’importance de bien hiverner sa piscine ;

  5. et surveiller sa consommation d’eau pour déceler un éventuel problème.

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