La gestion de la ressource en eau est devenue un enjeu majeur pour la filière, tant au niveau national que local. Pour répondre aux inquiétudes de clients soucieux de pouvoir utiliser leur piscine en saison, et face au risque récurrent de sécheresse – et ce malgré la multiplication des épisodes de pluie intense –, le piscinier dispose de solutions et d’arguments pour rassurer son client : parmi eux, la récupération des eaux de trop-plein.
Décryptage.
Pourquoi la récupération des eaux de trop-plein ?
Initiée par le distributeur Aello il y a plusieurs années, la question de l’intégration de la piscine dans un projet global d’aménagement et de gestion de l’eau à l’échelle de la parcelle (maison, piscine et jardin), devient de plus en plus centrale (cf. table ronde : « Défis de l’eau : et si la piscine faisait partie de la solution ? » – Enjeux Piscine n° 11 – Fév./Mars 2026).
Malgré l’hiver pluvieux qu’a connu l’Hexagone en 2025, le réchauffement climatique se confirme, année après année. 2025 est la 4e année la plus chaude depuis 1900 ! La question n’est plus de savoir « si » il faut proposer des solutions aux clients mais « lesquelles », en fonction de la sensibilité du client et du budget qu’il souhaite et peut y consacrer.
Une fois la piscine remplie, et après avoir installé une solution de couverture (bâches, couvertures, volets, etc.) pour limiter l’évaporation et réduire le besoin en eau des piscines, il existe aujourd’hui des solutions comme les cuves de trop-plein qui permettent de maintenir le niveau du bassin sans recourir au réseau d’eau public.
La piscine, une surface de récupération des eaux de pluie

de trop-plein de 3 à 7m3
Modèle Slim (Aello)
Car en plus d’être un lieu pour se baigner et se rafraîchir, afin d’apporter du confort aux Français pendant les mois les plus chauds de l’année, la piscine peut également servir à collecter l’eau de pluie. En effet, avec ses 28 m² de superficie moyenne, et les 850 mm de pluie tombés en moyenne en France en 2025, le volume d’eau récupérable est de 23,8 m3 en moyenne. Même s’il n’est pas envisageable de récupérer l’entièreté de ce volume d’eau de pluie, il est possible d’en stocker une quantité suffisante pour satisfaire en partie – voire en totalité selon les régions – les besoins d’une piscine pendant toute sa saison d’utilisation.
Pour aider les professionnels dans leur argumentation et sensibiliser les consommateurs, la FPP a développé un calculateur de la consommation d’eau qui prend en compte, dans son algorithme, la quantité d’eau de pluie tombée dans un bassin pendant l’année, en fonction de sa localisation géographique, et la présence ou pas d’un système de récupération, sa capacité en volume et le pourcentage réinjectable dans la piscine, afin d’en déterminer le besoin en eau ou la consommation. En moyenne, grâce à cet outil – certifié par un organisme indépendant – la Fédération a pu démontrer que le besoin en eau d’une piscine était en moyenne de 7 m3 d’eau par an (à condition de disposer d’une couverture pour limiter l’évaporation lorsque la piscine n’est pas utilisée).
D’autant que le nombre de particuliers conscients de l’importance de la gestion de l’eau augmente, ne serait-ce que parce que le sujet leur est imposé par les pouvoirs publics. Ces particuliers, déjà ou futurs propriétaires d’une piscine, sont donc en attente de solutions de la part de leur piscinier.
Le principe de l’utilisation des eaux de trop-plein
Comme vous le savez, le trop-plein est un dispositif technique qui permet d’éviter qu’un bassin ne déborde, à l’instar d’un lavabo ou d’une baignoire. Dans les piscines, il se situe généralement dans le skimmer – ou dans le bac tampon pour les piscines à débordement –. Sa fonction est de permettre la régulation du niveau d’eau dans le bassin afin d’éviter la surcharge du système de filtration.
À l’automne et en hiver, où se concentrent plus de 80 % des précipitations annuelles, ce trop-plein permet de vider l’eau en excès, et de la rediriger, naturellement ou automatiquement, vers un puits perdu ou un réseau d’assainissement collectif, selon la réglementation locale.
Or, dans un contexte d’élévation des températures et d’augmentation des vagues de chaleur en été, pouvoir réutiliser ces eaux de trop-plein pendant la saison de baignade va permettre d’éviter de « gaspiller » une eau apportée naturellement par la pluie pendant l’arrière-saison.
D’où l’idée de stocker cette eau dans une cuve qui va servir de bac « tampon ». En moyenne, une cuve de 3 à 5 m³ suffit pour satisfaire quasiment tous les besoins d’une piscine en saison.Cette cuve de stockage peut également jouer un rôle de régulation pendant les périodes de fortes précipitations, en limitant le ruissellement des eaux sur le terrain et la saturation des réseaux publics d’évacuation d’eaux pluviales.
Les solutions existantes
Pour la récupération de l’eau des trop-pleins
- Cuve déportée : la solution la plus simple, en construction comme en rénovation. Il existe aujourd’hui sur le marché différents types et formes de cuves, qui permettent de s’adapter à la configuration du terrain, avec une emprise au sol réduite ou enterrables.
- Cuve intégrée à la structure du bassin : la cuve fait partie intégrante de la piscine ; elle est construite en même temps que la structure du bassin et est directement raccordée à son réseau hydraulique, comme le bac tampon d’une piscine à débordement.

d’un bassin (Aquilus Piscines)
Pour la gestion de l’eau de la cuve
- Manuelle : le propriétaire de la piscine va ouvrir manuellement une vanne et activer une pompe pour refaire le niveau de sa piscine.
- Automatique : la mise à niveau est automatisée, comme pour un bac tampon, avec des sondes de niveau.
Dans tous les cas :
- la cuve doit être équipée d’une trappe ou d’une ouverture pour pouvoir la nettoyer régulièrement ;
- l’utilisation de cette eau nécessite de procéder à une analyse lors de son adjonction pour maîtriser l’équilibre de l’eau du bassin et la traiter en conséquence.
L’objection : le retour sur investissement pour le client ?
Contrairement à l’énergie dont le client peut rapidement mesurer le retour sur investissement grâce à la baisse de sa facture d’électricité – en installant une pompe à vitesse variable, une pompe à chaleur Full Inverter ou en utilisant l’énergie solaire (cf. « L’énergie solaire : quelles solutions pour réduire la facture énergétique de vos clients ? » – Enjeux Piscine n° 6 – Fév./Mars 2025) –, les économies d’eau réalisées ne permettent pas d’obtenir un retour sur investissement financier, même à moyen terme, en raison du faible coût du m³ aujourd’hui.
Mais le retour sur investissement d’une cuve de récupération des eaux de trop-plein est ailleurs :
- Le coût du manque d’eau : le propriétaire de piscine pourra continuer d’utiliser sa piscine en saison, même en cas de manque d’eau ou de restrictions.
- Une gestion responsable de l’eau : l’objectif étant de sortir de la logique du « consommable » en évitant de jeter une eau qui devra être rachetée plus tard.
- Anticiper l’évolution des tarifs du m³ : en plus d’envisager une tarification à la consommation (au palier ou saisonnière), les pouvoirs publics prévoient une augmentation du prix de l’eau (doublement d’ici 2030*) pour financer l’amélioration de la gestion de l’eau en France, notamment en réparant les fuites sur les canalisations publiques et en interconnectant les réseaux.
* Source : Banque des Territoires / La Gazette des communes
Remerciements à Jérôme Chabaudie (Aello) et David Carré (Aquilus)







