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Adaptation climatique : la question de la qualité de l’eau

Dossier adaptation de la filière piscine au changement climatique

Quand les équilibres de l’eau de la piscine sont impactés par le changement climatique

Avec la multiplication des vagues de chaleur estivales, l’eau des piscines franchit de plus en plus fréquemment et durablement le seuil critique des 28 °C à 30 °C. À ces températures, la vitesse de développement des bactéries et des algues est exponentielle, tandis que les rayonnements UV du soleil détruisent le chlore actif en quelques heures.
Dans le même temps, la hausse de la fréquence des baignades augmente le besoin en filtration et en désinfection et modifie les équilibres de l’eau, notamment l’équilibre calco-carbonique, à commencer par le pH et le TAC.

Mais la déstabilisation ne se limite plus à la période estivale. Les hivers sont désormais marqués par des épisodes pluvieux intenses et répétés. L’eau de pluie qui tombe dans le bassin en augmente le niveau mais, étant naturellement acide, elle a une incidence directe sur les niveaux de TAC et de TH.
En outre, l’eau de ruissellement apporte poussières et débris végétaux qui viennent salir le bassin et charger l’eau en phosphates, l’aliment principal des algues.

Les solutions pour anticiper et corriger les déséquilibres

Le premier réflexe pour protéger la piscine des agressions extérieures et limiter la « pollution » du bassin, est de l’isoler physiquement. Abri, couverture, volet roulant… leur utilisation s’impose aujourd’hui face aux pluies torrentielles, aux températures excessives et au vent.
Objectifs : 

  • réduire l’évaporation ;
  • limiter les besoins en filtration pour éliminer les polluants ;
  • minimiser le recours à la chimie pour rattraper les déséquilibres et désinfecter l’eau ;
  • et maintenir la température en période froide ou éviter qu’elle ne monte trop en période de canicule.

Raccorder le trop-plein des skimmers est également important pour éviter que l’eau apportée en excès par les pluies ne vienne submerger les skimmers, empêchant l’écrémage de surface.

Pour réduire l’évaporation : les couvertures et les abris

La règle empirique classique de la température divisée par deux (T°/2) pour définir la durée de filtration trouve rapidement ses limites pendant les vagues de chaleur, l’eau de la piscine nécessitant de circuler quasiment en continu au-delà de 28 °C. 

Le particulier et surtout le professionnel ne peuvent pas se déplacer à chaque fois qu’il serait nécessaire de modifier la durée de filtration de la pompe (et sa vitesse pour les pompes à vitesse variable). Pour pallier cette contrainte, il peut proposer à son client l’installation :

  • d’une pompe à vitesse variable dont la vitesse pourra être adaptée au besoin, sachant que la faire fonctionner 24h/24 à bas régime assure le passage continu de l’eau, facilitant la rétention des impuretés par le média filtrant ;
  • d’un module de thermorégulation de la pompe de filtration (mono ou multivitesses) qui va automatiquement adapter sa durée de fonctionnement à la température de l’eau.

Pour prévenir les déséquilibres : les pompes

Encore plus aujourd’hui, ce qui compte, c’est la bonne action ou le bon produit au bon moment, avec la bonne durée ou le bon dosage. Il devient préférable d’agir en prévention qu’en réaction (cf. « Prévenir plutôt que guérir : les coûts cachés d’une eau mal gérée ») afin d’éviter des actions correctrices coûteuses en temps, en produits, en énergie et en eau :

  • Le filtre : un filtre au média nettoyé régulièrement est un filtre qui va remplir son rôle avec davantage d’efficacité (cf. « Les 5 règles pour le bon entretien des filtres à cartouche(s) »). Choisir un filtre adapté à l’environnement de la piscine du client et bien dimensionné est essentiel, tout comme d’améliorer son efficacité en utilisant un floculant ou un clarifiant (cf. « Floculant et clarifiant : pour quelle action et pour quel filtre ? »).
  • Le rôle essentiel du TAC : à l’ouverture du bassin, pendant la saison et au moment d’hiverner la piscine, contrôler la valeur du TAC est primordial. S’il est insuffisant, pas de pouvoir tampon pour absorber les variations de pH. Quant aux sondes des régulations automatiques, leurs lectures risquent d’être faussées (cf. « Régulation automatique : qui surveille le TAC ? »).
  • Traiter les phosphates de manière préventive : éliminer les phosphates (décomposition des débris végétaux apportés par les précipitations en hiver) dès la mise en route de la piscine au printemps permet de limiter le développement des algues dès que les températures augmentent, et particulièrement pendant les épisodes de fortes chaleurs. (cf. « Les phosphates : pourquoi est-il essentiel de les analyser aujourd’hui ? »)
  • Hivernage et ouverture du bassin, des étapes clés de la saison : pour une piscine prête à affronter des saisons de baignade plus longues, avec des températures d’eau plus élevées, préparer le bassin dès sa fermeture en hiver est déterminant. D’autant qu’un bon hivernage, avec vérification des équilibres et des appareils, est également une source de business (cf. « L’hivernage des piscines : une source de business »).
    Quant à l’ouverture, elle nécessite du temps au technicien au printemps pour s’assurer que l’eau est bien à l’équilibre, que les différents appareils du local technique fonctionnent correctement, et pour étalonner et calibrer les régulations. Objectif : ne pas devoir revenir en plein été quand les plannings d’intervention sont chargés et que le client est insatisfait de ne pas pouvoir se baigner. (cf. « Ouverture de la piscine : étapes clés d’une mise en route réussie »).

Pour prévenir les déséquilibres : les filtres

Automatiser tout ou partie des fonctions de la piscine s’avère nécessaire avec le changement climatique. Thermorégulation, régulation du pH, doseur de chlore liquide ou électrolyseurs au sel, coffret de gestion centralisé des équipements… sont autant de solutions à proposer à vos clients pour leur apporter du confort en limitant les problématiques d’eau.

Pour prévenir les déséquilibres : les régulations automatiques et les coffrets domotique

Et un besoin d’expertise croissant

Le changement climatique augmente le besoin d’expertise et renforce le rôle du piscinier « expert de l’eau ». Le propriétaire de piscine a besoin de davantage de conseils et d’informations, mais également de services que le professionnel se doit de structurer pour répondre à chaque typologie de problème et de client.

  • Des analyses d’eau plus systématiques avec des analyseurs professionnels (ex : photomètre) en magasin (cf. « 5 conseils pour réussir vos analyses d’eau en magasin ») et sur chantier (cf. « 5 conseils pour réussir vos analyses d’eau en intervention »). Il peut ensuite s’appuyer sur des outils comme la balance de Taylor (cf. « La Balance de Taylor, un outil d’aide à la prise de décision en intervention ») pour préconiser les actions correctrices nécessaires pour rééquilibrer l’eau.
  • Des contrats d’ouverture et d’hivernage plus complets, prenant en compte l’évolution de l’équipement des piscines, intégrant un contrôle des équipements – à l’image du contrôle d’entretien annuel dans l’automobile – pour identifier fuites, risques de pannes, pièces à remplacer (joints, vannes, etc.) et planifier des interventions avant et après la saison.
  • Des contrats saisonniers intégrant la gestion à distance de la piscine avec télésurveillance, diagnostic et correction à distance – en s’appuyant sur les données transmises par les sondes et capteurs du bassin – et la facturation des interventions indispensables, pour alléger le coût pour le client tout en permettant au professionnel d’augmenter le nombre de piscines en gestion.

Pour une expertise croissante : les analyseurs d’eau