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Gaches Chimie « Une de nos valeurs ajoutées : notre capacité à porter le stock de nos clients »

Fondé en 1948, le groupe familial Gaches Chimie a su diversifier son activité pour devenir un acteur clé de la formulation et de la distribution de produits chimiques. Aujourd’hui, fort d’un chiffre d’affaires de 240 millions d’euros, sur quels fondements stratégiques s’appuie l’entreprise pour poursuivre son développement et accroître ses capacités logistiques au service de ses clients ?
Visite du site d’Escalquens avec Laurent Azam, directeur de la division Piscine / traitement de l’eau, et Karine Bordes, directrice adjointe.

« Le groupe Gaches a été fondé en 1948 par Louis Gaches, chimiste de formation. Dès 1963, Gaches Chimie a commencé à livrer du chlore et du pH liquides à ses premières piscines municipales. Aujourd’hui, le groupe emploie près de 500 salariés et dispose de 11 sites de stockage en France, dont 4 sites de production classés Seveso 3, ainsi que 8 implantations à l’étranger, et intervient dans de nombreux secteurs d’activité. 

En 2025, Gaches Chimie a réalisé 240 millions d’euros de chiffre d’affaires global, dont près de 60 millions d’euros pour le pôle « traitement de l’eau » (division Piscine + traitement de l’eau potable et des eaux de process). L’export représente près de 15 % de notre activité, en incluant les DROM-COM et l’Afrique.

Une des particularités du groupe Gaches est sa gouvernance 100 % familiale et la volonté de réinvestir chaque année une part importante des bénéfices réalisés dans la modernisation de son outil industriel et dans des opérations de croissance externe pour étendre ses parts de marché dans le secteur de la piscine et autre. »

« Aujourd’hui, nous disposons de quatre divisions au sein du groupe :

  • Chimie industrie, notre plus ancienne division. Elle fournit des produits chimiques de base à de multiples secteurs. Pour suivre l’évolution des besoins de nos clients, nous livrons dans tous les formats, de la citerne complète à la pissette de 500 ml ou même aux lingettes imprégnées.
  • Matériaux (composites et silicones) : cette division regroupe les résines, fibres, colles et joints, et s’adresse à un large spectre de clients, notamment dans le nautisme, ou pour les fabricants de coques de piscines. Les produits de cette division partagent les mêmes problématiques de stockage. Les catalyseurs, par exemple, sont des produits inflammables, extrêmement sensibles à la température ou à d’autres facteurs environnementaux.
  • Aéronautique (ASD) : cette activité, démarrée à la fin des années 90, est aujourd’hui notre plus importante activité. Elle est née du besoin des donneurs d’ordre de l’aéronautique et de leurs sous-traitants de stocker, chez un industriel ayant les autorisations nécessaires, l’ensemble de leurs consommables chimiques pour être livrés directement en bord de chaîne afin de limiter les quantités de produits classés dans leurs ateliers de production.
  • La division Piscine : démarrée il y a plus de 40 ans avec la distribution puis la formulation d’algicides et de correcteurs de pH pour la marque Surchlor (ATOCHEM), cette activité a vu son chiffre d’affaires doubler tous les quatre ans. »

Durant les vingt dernières années, la division piscine a vu son chiffre d’affaires doubler tous les quatre ans.

« Avec nos marques AGE de l’eau (Gaches) et Newpool’s (La Gloriette), nous couvrons l’intégralité des besoins en chimie de la piscine privée à la piscine publique : solide, liquide ou gazeux, du petit conditionnement au camion-citerne.
Le rachat de La Gloriette (Beaucaire – 30) il y a 12 ans répondait à une stratégie de développement ainsi qu’à une opportunité de sécuriser les capacités industrielles : disposer d’un second site équipé de lignes de conditionnement identiques pour pouvoir basculer la production en cas de sinistre sur notre site principal.

Aujourd’hui, les deux entités sont totalement interconnectées (même outil informatique, même système de gestion, réunions commerciales communes et équipes intégrées). Face au développement de ces dernières années, il vient d’être acté le doublement des capacités de ce site. Les travaux seront lancés dans les prochains mois).

Notre objectif est de réserver ces produits différenciants aux professionnels de la piscine.

Nous avons choisi de conserver la marque commerciale Newpool’s de La Gloriette parce qu’elle représente bien plus qu’un nom : elle incarne une histoire, une expertise et une relation de confiance avec ses clients. Notre objectif était de préserver ses atouts tout en apportant les moyens supplémentaires du groupe pour améliorer l’offre, innover davantage et accompagner la croissance de l’entreprise. 

Ces deux marques, Age de l’EAU et Newpool’s, se caractérisent par des concentrations en matières actives parmi les plus hautes du marché ainsi que par des emballages améliorant l’utilisation du produit : blister individuel pour les galets de chlore limitant le contact direct du produit, ligne de visibilité sur les bidons pour vérifier le niveau de produit, blocs de chlore dans des boîtes individuelles limitant l’érosion des galets, idéal pour les périodes de vacances… 

« Nous privilégions la gestion du risque à l’optimisation logistique. Sur notre site d’Escalquens, les matières sont sectorisées par typologie de risque chimique, et non par marque ou par flux. Le site est divisé en deux zones distinctes aux protocoles adaptés : la chimie minérale d’un côté, les solvants de l’autre. Un autre exemple, l’hypochlorite de calcium est stocké dans une cellule distincte et séparé des autres produits chlorés stabilisés
De plus, l’ensemble du site (8 hectares) est configuré en rétention totale. Toutes les bouches d’égout et les bacs extérieurs sont reliés à un immense bassin de confinement. Les eaux de pluie susceptibles d’entraîner des résidus chimiques y sont collectées et analysées en permanence avant d’être rejetées ou traitées.

Pour produire les correcteurs de pH, nous achetons de l’acide sulfurique pur à 96 % ou 98 % (selon les saisons) pour le diluer en ligne. La réaction entre l’eau et l’acide est fortement exothermique et génère des températures pouvant dépasser les 150 °C, ce qui exige une puissance de froid monumentale. L’année dernière, nous avons investi 700 000 € pour renouveler entièrement les unités de dilution d’Escalquens et de Beaucaire. Ces contraintes techniques, la forte saisonnalité des produits et la demande de plus en plus forte du marché, expliquent les pénuries récurrentes sur les correcteurs de pH : il faut à la fois sécuriser la matière première et disposer des installations industrielles nécessaires pour la diluer. 

Le remplissage des seaux et des bidons est automatisé. Les postes de travail sont aménagés pour éviter le port de charges lourdes par les opérateurs, et les zones à émanations sont confinées et équipées de puissants systèmes d’extraction d’air et d’une ventilation mécanique en partie haute. »

« Nous privilégions l’approvisionnement en matières premières répondant à des normes européennes afin de garantir à nos clients des produits exempts d’impuretés. Aujourd’hui, si des produits d’importation restent moins chers, c’est qu’ils ne respectent pas nos standards de pureté. Être aux normes ne signifie pas être plus concentré, mais contenir moins d’impuretés (comme les résidus de plomb ou de cadmium issus des processus de fabrication traditionnels).
Le respect de ces normes, qui sont des normes d’application volontaire, permet aux pisciniers de mettre en avant de façon factuelle, la qualité des produits proposés. Une mention est faîte sur les étiquettes sur le respect de ces normes.

Être aux normes ne signifie pas être plus concentré, mais contenir moins d’impuretés.

Dans une piscine, les produits de traitement des eaux sont consommés mais les impuretés comme des métaux lourds issus de produits chimiques impurs ou de mauvaise qualité s’accumulent au fil des mois. Cette accumulation d’impuretés aura des conséquences sur les équipements (plaques des cellules d’électrolyseurs, pompes, filtres…), sur les revêtements (membranes, coques…) mais également et surtout sur la santé des baigneurs. 

La « Javel fatale » est le parfait exemple de ce problème de pureté. Dans l’industrie, il s’agit d’un déchet chloré. Pour éviter le coût très lourd de sa destruction réglementaire, l’industriel neutralise son déchet chloré dans de la soude pour en faire de l’eau de Javel : la composition du produit est donc incertaine et ne répond à aucune norme. »

« Concernant le verre de filtration GARO®filtre, notre modèle est différent. Nous avons implanté notre propre ligne de production directement chez un partenaire spécialisé dans la récupération de verre de la région toulousaine. Ils maîtrisent le processus initial de collecte, de tri et de nettoyage du verre brut, et notre technologie et nos process lui confèrent les caractéristiques précises indispensables pour un verre de filtration, notamment en termes de granulométrie et surtout de coefficient d’uniformité.

Ne jamais être en rupture de stock pour nos clients.

« Une de nos valeurs ajoutées réside dans notre capacité à porter le stock de nos clients. Si un client nous accorde sa confiance et nous passe des commandes anticipées, nous mettons tout en œuvre pour qu’il ne manque d’aucun produit pour la saison. Même si de fortes chaleurs s’installent dès le mois d’avril, nous nous assurons de disposer des volumes de produits et des stocks d’emballages nécessaires pour le livrer. »

Notre stratégie de développement repose sur un principe immuable : ne jamais être en rupture de stock pour nos clients. Même si la gestion financière cherche par définition à les minimiser, notre consigne absolue est de porter les stocks nécessaires pour décharger nos clients. Cela se traduit par des investissements concrets : doublement de la surface couverte du site de Beaucaire (La Gloriette) et augmentation des capacités logistiques de celui de Villenoy (77) en région parisienne. 

Pour aider les pisciniers professionnels à se différencier d’Internet et de la grande distribution, au-delà des caractéristiques des produits cités précédemment, nous actionnons plusieurs leviers :

  • la formation sur le terrain, assurée par nos commerciaux qui portent la sensibilisation réglementaire et la compétence sur le traitement de l’eau ; 
  • l’adaptation du traitement aux spécificités de chaque installation : eau de remplissage, type de filtre, évolutions techniques liées aux eaux plus chaudes et à la généralisation des régulations automatiques.

Cette année, nous observons également de nouvelles tendances : 

  • le chlore liquide gagne du terrain sur l’électrolyse : avec le renchérissement du prix du ruthénium à l’automne, de plus en plus de pisciniers se tournent vers la régulation chlore/pH liquide. Ce produit ayant une DLU (Date Limite d’Utilisation) très courte (3 à 6 mois), sa gestion exige du just-in-time, et les lourds investissements réalisés les 5 dernières années dans la modernisation de nos chaînes de conditionnement automatiques permettent de répondre à cette demande croissante.
  • le besoin de volumes de pH moins : avec la baisse réglementaire des concentrations autorisées, les volumes d’acide sulfurique à traiter croissent de façon très importante. Cela demande des capacités de dilution inédites, ce qui a justifié notre investissement de 700 000 € sur nos groupes de dilution. »

« Aujourd’hui, les consommateurs sont de plus en plus sensibles aux enjeux environnementaux et aux pratiques responsables des entreprises. Dans ce contexte, la consigne d’emballage ne représente plus seulement une solution écologique : elle devient un véritable outil de fidélisation de la clientèle.

La consigne crée une relation durable entre le piscinier et le client

Tout d’abord, la consigne crée une relation durable entre le piscinier et le client. En rapportant l’emballage pour qu’il soit réutilisé, le consommateur revient régulièrement dans le point de vente. Cette fréquence de visite augmente naturellement les occasions d’achat (dernières offres sur les robots, promotions d’équipements comme sur les volets automatiques…) et renforce le lien avec le piscinier. Contrairement à un emballage jetable, la consigne instaure une logique de retour et d’échange qui favorise la fidélité.

Ensuite, ce système valorise l’image de l’entreprise. Un professionnel de la piscine qui met en place des emballages réutilisables démontre son engagement en faveur du développement et lui permet de se différencier de ses concurrents. Dans un marché où les consommateurs recherchent des expériences d’achat plus responsables, proposer des emballages consignés peut devenir un argument publicitaire, visuel et commercial fort. Cette gestion des emballages consignés, longtemps réservée aux piscines collectives (hôtels, campings, municipalités…), permet aux pisciniers de proposer une offre vertueuse à leurs propres clients. »

« La collecte et la revalorisation des déchets chimiques est un service essentiel que nous proposons à nos clients industriels et aux professionnels de la piscine. Notre site dispose d’une autorisation préfectorale de centre de transit pour les déchets.

« L’innovation technique a toujours été un moteur pour la société avec les lancements de l’Aquacouleur en 2008, du Garofiltre en 2009, du réducteur de stabilisant en 2019.

Depuis 2022, nous travaillons sur un « skid«  de déconcentration des eaux, destiné aux piscines collectives. Il permet de dépolluer l’eau des chlorures, la forme résiduelle finale du chlore. En faisant passer environ 1 % du volume du bassin par jour dans ce système, on filtre en continu comme avec un rein artificiel, jusqu’à obtenir une eau réutilisable indéfiniment. À terme, l’objectif est de miniaturiser ces unités pour les rendre mobiles et les proposer aux pisciniers pour qu’ils puissent régénérer l’eau des piscines de leurs clients particuliers. Ce projet mûrit depuis longtemps chez nous ; c’est l’augmentation du coût de l’eau qui rend aujourd’hui son amortissement économique viable.

L’innovation technique a toujours été un moteur pour la société

Nous innovons également sur le plan organisationnel. Les produits de traitement de l’eau étant très réglementés (Certibiocide, REACH, etc.), nous avons développé la plateforme e-chemical qui permet aux pisciniers de centraliser tous les documents nécessaires à leur mise en conformité : fiches de données de sécurité (FDS), fiches de poste, documents de stockage à afficher dans leurs locaux, et veille d’obsolescence des produits, comme nous l’avons fait dans le passé pour l’acide borique. »

« Le marché du traitement de l’eau – et donc du consommable – est moins impacté par les aléas de la construction. En 2025, nous avons observé un marché de plus en plus lié aux à-coups du climat : les trésoreries de nos clients restaient sous tension et ils souhaitaient gérer au plus juste leur niveau de stock. En même temps, dès qu’une accélération devenait nécessaire, cela exigeait des capacités de réaction importantes sur la chimie, la régulation automatique, les robots… 

Pour 2026, la mise en stock sur les précommandes est bonne, ce qui témoigne de prises de parts de marché. Le démarrage a été plus précoce que l’an passé grâce à une météo favorable fin mars-début avril, et nous avons connu une explosion des ventes en mai avec l’installation d’une canicule dès la deuxième quinzaine : les magasins ont littéralement été dévalisés. »

« Ces hausses ont débuté dès la fin de l’année 2025 et se sont accentuées avec les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Afin d’accompagner au mieux nos clients et de limiter l’impact de cette crise, nous appliquons des révisions de prix produit par produit et au cas par cas. Nous avions pris des décisions temporaires similaires lors des précédentes crises (COVID, conflit Ukraine…) et nos clients se rappellent que nous avions alors été parmi les premiers fournisseurs à cascader des baisses de prix dés lors que la situation était revenue à la « normale ». Nous ferons de même dans la gestion de cette crise. En ce qui concerne l’augmentation des coûts des matières plastiques nécessaires à la fabrication de nos bidons, nous n’avons pas passé d’augmentation de prix : seulement des surcharges liées aux emballages et au transport, qui s’effaceront quand la situation reviendra à la normale. 

Le contexte géopolitique a aussi provoqué des allongements de délais et une désorganisation des imports asiatiques, notamment pour les produits non fabriqués en Europe comme le brome, l’hypochlorite de calcium ou les accessoires. Cela confirme d’autant l’intérêt de travailler avec une entreprise capable de porter les stocks de ses clients ! »