L’intelligence artificielle envahit de plus en plus notre sphère personnelle comme professionnelle. Pour vous pisciniers, indépendants ou à la tête d’une entreprise, les raisons de l’utiliser sont nombreuses, tant l’IA peut vous faire gagner de temps et d’efficacité (rédaction d’e-mails, création de devis, saisie administrative, gestion de fichiers, planification de votre agenda, etc.). Encore faut-il savoir bien s’en servir. Cela s’apprend, via des formations.
Nous vous livrons ici les trucs et astuces de Joanna Perraudin, formatrice certifiée IA, pour vous aider à mieux définir vos besoins et répondre à vos interrogations.
L’IA : une opportunité plutôt qu’une menace
Gagner du temps (et de l’efficacité) …
Parmi les raisons qui ont pu vous conduire à devenir piscinier il y a sans doute le plaisir de travailler en plein air, l’intérêt pour l’aspect technique des chantiers, le contact régulier avec les propriétaires des piscines… Puis la réalité vous a rattrapé. Vous ne comptez plus les heures passées assis à votre bureau, croulant sous les tâches administratives, indispensables mais rébarbatives. Ce pan très chronophage de votre métier peut être délégué à l’IA, capable d’automatiser toutes vos tâches répétitives.
De même qu’elle peut vous aider à définir des opérations de marketing pour accroître la visibilité de votre point de vente et vous démarquer de vos concurrents (voir l’article « L’intelligence artificielle : un allié incontournable pour les pisciniers aujourd’hui ? », Enjeux Piscine N° 6, Février-Mars 2025). Résultat : un gain de temps certain, que vous mettrez à profit pour être davantage sur le terrain et pour développer votre expertise.
… en adoptant de bonnes pratiques
Joanna Perraudin le rappelle : le recours à l’IA nécessite plusieurs points de vigilance. L’IA est en effet conçue pour apporter une réponse à toute demande. Quitte à vous induire en erreur. Car elle s’alimente en permanence des contenus (vérifiés ou non) qui lui sont donnés sur la Toile. « L’IA ne réfléchit pas. C’est un algorithme. Il faut l’éduquer pour qu’elle nous donne les réponses que l’on attend. » C’est de cette façon qu’il faut apprendre à l’appréhender, pour s’en servir en toute conscience.
Il faut garder en tête qu’on n’a définitivement pas affaire à un humain, qu’elle n’est pas dotée de réflexion, que si elle nous induit en erreur ce n’est parce qu’elle nous ment, mais parce qu’on a mal formulé notre demande, ou pas assez précisément. Et surtout, qu’on n’a pas pris le temps de vérifier sa réponse.
Définir vos besoins, trouver les mots clés, adopter les bonnes formulations pour orienter au mieux l’IA dans votre demande, vous l’apprendrez en formation.
Points de vigilance à garder en tête, en permanence
Le plus important, insiste Joanna Perraudin, sera à terme d’avoir un accès payant à l’outil que vous aurez choisi (compter environ 20 € par mois sur les premiers forfaits). Seul cet accès payant vous garantit de sécuriser vos données, le paramètre de confidentialité étant essentiel quand on gère une entreprise et un fichier clients. Vous apprendrez qu’on ne communique jamais les noms ou les CV de ses salariés, qu’on ne fait pas d’analyse de la concurrence, bref qu’on ne communique pas à l’IA tout ce qui n’est pas déjà en ligne.
Un autre point, essentiel : le recours à l’IA peut s’avérer très chronophage. Une question en appelle souvent une autre… Si votre objectif est de gagner du temps, il vous faudra formuler des demandes claires et concises pour éviter d’en perdre inutilement. Veillez à toujours conserver votre esprit d’analyse et à utiliser cet outil avec discernement, précision et méthode.
De l’importance de suivre une formation
Comprendre ce qu’est l’IA constitue une première étape. Se former afin de démystifier ChatGPT, l’engouement cédant souvent le pas à la peur et à la méfiance, c’est aussi un prérequis indispensable. ChatGPT et ses copains Claude, Perplexity, Mistral, Gemini… ne se laissant pas apprivoiser facilement, vous aurez besoin d’aide et d’explications. Car la question aujourd’hui n’est plus de savoir si vous devez ou non vous former, mais plutôt comment.
Il existe pléthore de formations destinées aux professionnels : dirigeants, salariés, indépendants… Comme il existe une multitude d’outils qu’il vous faudra distinguer pour trouver celui correspondant le mieux à vos besoins (ChatGPT et Perplexity sont des assistants conversationnels, tandis que Nano Banana est une IA d’images, etc.).
Comment s’y retrouver parmi toutes les offres de formation ?
- Déterminez à qui cette formation s’adressera, et pour quoi : avez-vous besoin d’être secondé dans vos tâches administratives ? De donner plus de visibilité à votre entreprise ? De gagner du temps dans la gestion de vos plannings de chantiers ? Vous identifierez ainsi le personnel ou le service qui doit en bénéficier : les techniciens, les commerciaux, le personnel de vente, le SAV, etc. Et vous vous orienterez vers une formation destinée à une seule personne, ou intra-entreprise (l’équipe), ou encore inter-entreprises (par le biais d’un réseau par exemple).
- Se rapprocher de son OPCO (Opérateur de Compétences, organisme chargé de financer la formation professionnelle) pour identifier quelle formation sera la plus adaptée à votre situation et connaître les modalités d’aide au financement.
- Vous pouvez aussi faire appel à un formateur indépendant, qui vous proposera une formation sur mesure, adaptée à votre secteur d’activité.
- Et choisir une certifiée Qualiopi qui sera financée soit via votre CPF, soit via votre OPCO.
Pour commencer, Joanna Perraudin préconise une formation d’une journée, avec une partie théorique sur les fondamentaux de l’IA, et une partie un peu plus conséquente sur la pratique. Car le maître-mot pour apprendre à utiliser ces outils c’est la pratique, encore et encore.
Vous apprendrez à :
- Choisir des outils sécurisés pour protéger vos données et celles de vos clients ;
- Clarifier vos besoins et donc vos demandes à l’IA ;
- Définir un « prompt » : rédiger votre demande avec des mots-clés, des phrases courtes… (vous éduquez l’IA !) ;
- Considérer que l’IA peut devenir votre assistant ponctuellement ;
- Comprendre que l’IA ne peut pas tout faire, des adaptations/ajustements peuvent être nécessaires en fonction de vos besoins ;
- Rester vigilant ;
- Vérifier toutes les réponses apportées par l’IA ;
Mais aussi à :
- Prendre du recul par rapport à l’IA ;
- Ne plus en avoir peur ;
- Voir l’IA comme une opportunité d’évolution pour vous-même et votre entreprise ;
- Garder une forme de contrôle ; répétez-vous ce mantra « Je pilote et l’IA exécute ».
N’oubliez jamais : l’IA est une assistance !
Vous devez apprendre à vous en servir comme telle. Vous conservez votre expertise, l’identité de votre entreprise. L’IA ne peut les remplacer. Mais en vous libérant du temps sur des tâches répétitives, trop chronophages pour vous, vous en dédierez davantage à votre clientèle.
En conclusion : pratiquer, tester et ajuster
Plus que d’« intelligence artificielle » Joanna Perraudin préfère parler « d’intelligence augmentée » : « L’IA ne crée pas mais elle peut stimuler notre imagination, la décupler, nous apporter de nouvelles idées. »
Pour en tirer un maximum de bénéfices, elle préconise de commencer « petit ». Travaillez d’abord un ou deux cas en formation (gestion des mailings, des plannings de chantiers par exemple). Et enfin, pour mettre en place ces nouvelles connaissances dans votre quotidien, pratiquez. En testant et en ajustant au fur et à mesure, vous utiliserez l’IA avec… intelligence.
Graphiste, Joanna Perraudin s’est intéressée à l’intelligence artificielle un peu par la force des choses, alors qu’on lui répétait qu’à terme, l’IA risquait de remplacer les créatifs. Elle s’est informée et a finalement réalisé que l’IA pouvait être une réelle opportunité… à condition d’apprendre à bien s’en servir.
Elle a ajouté une corde à son arc et est devenue formatrice certifiée IA : « J’accompagne les dirigeants de TPE/PME pour les aider à utiliser l’IA (textuelle et visuelle) de façon simple, efficace et surtout, sécurisée. Aujourd’hui, je conçois aussi des parcours de formation adaptés à leurs besoins pour leur permettre de gagner du temps et d’adopter les bonnes pratiques dès le début. »







