À l’heure où les professionnels s’apprêtent à lancer la saison 2026, les chiffres consolidés de l’hôtellerie de plein air issus du dossier FNHPA 2025 permettent de prendre du recul sur la dynamique du camping en France.
Pour les pisciniers, le constat reste net : l’HPA demeure un marché solide, en transformation, et l’équipement aquatique conserve un rôle décisif dans l’attractivité des établissements.
Sommaire
- Pourquoi le camping est un marché qui compte (vraiment) pour le piscinier
- La France, pays du camping : près d’un tiers des capacités européennes
- 141,18 millions de nuitées en 2024 : une saison solide malgré un contexte chahuté
- 2025 : un marché reparti à la hausse, mais avec un panier moyen sous pression
- Une fréquentation portée par l’Europe…
- … et des clients exigeants sur l’expérience
- Littoral toujours n°1, montagne en regain : où sont les opportunités « piscine » ?
- Baisse de l’attractivité touristique française : moderniser les infrastructures pour rester dans la course
Pourquoi le camping est un marché qui compte (vraiment) pour le piscinier
Premier marché européen et deuxième marché mondial derrière les États-Unis, l’hôtellerie de plein air (HPA) française poursuit sa transformation. Montée en gamme, densification des services, recherche d’expériences « comme à la maison » … et au cœur de cette promesse, la piscine et les espaces aquatiques sont devenus des équipements clés.
Et si, pour les professionnels de la piscine, l’arrière-saison était le moment idéal d’identifier les campings 3-5 étoiles de leur secteur, de proposer des audits d’optimisation et de se positionner, à la fois sur des contrats de maintenance et entretien mais aussi sur des programmes de rénovation aquatique ?
Car pour le piscinier, ce secteur n’est plus un « à-côté » mais un vrai levier de diversification : construction neuve, rénovation, maintenance, traitement de l’eau, équipements, optimisation des consommations… autant de besoins dans un parc qui reste massif et en évolution permanente, comme le démontrent les chiffres 2025 de la FNHPA.
La France, pays du camping : près d’un tiers des capacités européennes
La puissance de l’HPA française se mesure d’abord en capacité d’accueil. Le camping reste la première capacité touristique en France avec 2 742 000 lits. Un chiffre largement supérieur à ceux de l’hôtellerie (1 297 000 lits) et des résidences de tourisme (676 000 lits).
À l’échelle européenne, cette force est encore plus visible :
la France représente 29,2 % des capacités camping de l’Union européenne, loin devant le Royaume-Uni (16,7 %), l’Allemagne (10,8 %) ou les Pays-Bas (9,1 %). Intérêt pour le piscinier : un parc très dense, structurant pour les territoires touristiques, et donc un réservoir de bassins existants à entretenir… ou à créer.
141,18 millions de nuitées en 2024 : une saison solide malgré un contexte chahuté
Après le record de 2023, la saison 2024 a été plus contrastée (météo, pouvoir d’achat, calendrier électoral). Pourtant, les campings ont encore totalisé 141,18 millions de nuitées entre avril et septembre 2024, soit seulement -0,35 % par rapport à 2023.
Sur l’ensemble de l’hébergement collectif, l’HPA est d’ailleurs celui qui résiste le mieux à la baisse.
Pour les pisciniers, cela confirme un point crucial : le camping reste le moteur de la fréquentation estivale, donc un secteur qui investit et entretient pour rester attractif.
2025 : un marché reparti à la hausse, mais avec un panier moyen sous pression
Le dossier FNHPA 2025 fait état d’un démarrage positif début 2025 avec +1 % de réservations par rapport à 2024 (cf. « Le camping, un marché pour le piscinier ? » – Enjeux Piscine n°7 – Fév./Mars 2025), des dynamiques favorables sur avril, juin et août et des points de vigilance sur mai et juillet.
En revanche, il souligne une tendance structurante pour la suite : la baisse du panier moyen, avec un regain d’intérêt pour les campings 3 étoiles et les emplacements nus.
Dans ce contexte,la piscine devient paradoxalement encore plus stratégique : quand le budget se tend, les vacanciers choisissent un camping qui garantit l’expérience sur place, et l’offre aquatique est la première « assurance plaisir ».
Une fréquentation portée par l’Europe…
| Pays de provenance | Eté 2023 | Eté 2024 |
|---|---|---|
| Résidents | 84,1 | 83,5 |
| Non résidents, dont provenant de | 34,8 | 36,4 |
| Pays-Bas | 11,4 | 12,2 |
| Allemagne | 8,6 | 9 |
| Belgique | 4,6 | 4,8 |
| Royaume-Uni | 4,2 | 4,4 |
| Suisse | 1,9 | 1,9 |
| Ensemble | 118,9 | 119,9 |
Entre mai et août 2024, la part de la clientèle étrangère a poursuivi sa progression : 36,4 millions de nuitées, soit plus de 30 % du total, en hausse de +4,6 %. Les Néerlandais, déjà premiers clients étrangers, atteignent 12,2 millions de nuitées (+7 %).
Cette clientèle « européenne de proximité » est régulière, familiale et consommatrice d’équipements de confort.
… et des clients exigeants sur l’expérience
Or, dans l’arbitrage d’un camping, la présence d’une piscine ou d’un parc aquatique fait partie des critères majeurs de choix. L’étude IFOP 2025 indique que 43 % des campeurs jugent important que le camping dispose d’une piscine/parc aquatique, au même niveau que le confort des hébergements (45%) et que la proximité avec la mer (47%).

Constat pour le piscinier : même avec des budgets vacances contraints, la piscine reste l’un des arguments les plus directement corrélés à la décision de séjour.
Le succès des hébergements « tout confort » confirme cette tendance avec, à l’été 2024 :
- Emplacements équipés/locatifs : 69,0 millions de nuitées (environ +2 %).
- Emplacements nus : 50,9 millions (environ -1 %).
Surtout, la montée en gamme est nette : les campings 4-5 étoiles progressent encore (+1,4 %) et concentrent 63,6 millions de nuitées, soit 61 % du total. À l’inverse, les 1-2 étoiles reculent (-8,7 %) et les 3 étoiles baissent (-2,7 %).
Conséquence directe pour le piscinier : plus le camping monte en gamme, plus il investit dans des équipements aquatiques visibles avec effet « waouh » (bassins multiples, jeux d’eau, lagons, aires ludiques, traitements automatisés…).
Le parc haut de gamme est donc le plus dynamique en contrats de rénovation et d’optimisation.
Littoral toujours n°1, montagne en regain : où sont les opportunités « piscine » ?
Côté destinations, le littoral reste la star de l’été avec 66,2 millions de nuitées (mai-août), malgré un léger recul (-1 %). Mais deux tendances sont particulièrement intéressantes :
- Massifs montagneux : +5,3 % de nuitées, confirmant la recherche d’un tourisme nature « premium ».
- Territoires ruraux : +1 %, signe d’un élargissement géographique de l’HPA.
Pourquoi cela intéresse le piscinier : les besoins en piscines ne sont plus seulement concentrés sur les grands complexes balnéaires. On voit monter des projets (souvent plus qualitatifs et mieux équipés) dans les zones de montagne et campagne attractives, où l’offre aquatique devient un fort élément de différenciation.
Baisse de l’attractivité touristique française : moderniser les infrastructures pour rester dans la course
La France a reculé au 3ᵉ rang des destinations touristiques européennes en 2024 avec 451 millions de nuitées, désormais derrière l’Espagne (500 M) et l’Italie (458 M).
Dans ce contexte, l’hôtellerie de plein air reste un pilier de l’attractivité nationale et doit accélérer la modernisation de ses infrastructures pour rester dans la course.
Mais le leadership français de l’HPA repose sur une offre qui se fragilise : en vingt ans, la France a perdu près de 1 600 campings, passant de plus de 9 000 terrains en 2000 à environ 7 400 aujourd’hui, alors que le parc reste stable ou progresse ailleurs en Europe.
Cette érosion est liée aux contraintes environnementales, climatiques et réglementaires qui freinent la création de nouveaux sites et limitent la capacité des établissements à s’adapter.
D’où l’urgence, soulignée par la FNHPA, de préserver et moderniser les lits touristiques — notamment via un partenariat avec la Banque des Territoires pour sauvegarder et rénover les petits campings de moins de 70 emplacements.
Pour le marché piscine, cela ouvre un champ d’action très concret : la rénovation / optimisation d’espaces aquatiques existants et l’ajout d’équipements deviennent des investissements stratégiques pour maintenir l’attractivité des campings français face au recul domestique et à la montée en gamme accélérée de nos concurrents européens.
Pourquoi le camping est un vrai marché à travailler pour les pisciniers ?
- Sécuriser la qualité sanitaire : traçabilité, protocoles, formation, conformité.
- Rénover pour « rester dans la course » : bassins vieillissants, liners, filtration, local technique…
- Optimisation des consommations d’eau, d’énergie et de produits, sujet brûlant dans un secteur sous pression économique et environnementale.
- Créer de nouveaux espaces aquatiques différenciants pour attirer une clientèle familiale européenne très sensible à l’expérience.

















