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Adaptation climatique : la question de l’énergie

Dossier adaptation de la filière piscine au changement climatique

Un contexte d’augmentation du prix de l’énergie…

Successions des conflits géopolitiques, baisse du niveau des rivières en raison des sécheresses qui oblige leurs exploitants à ralentir la production des centrales nucléaires, investissements pour développer le parc français de fermes solaires et d’éoliennes, sans parler de la hausse des besoins en électricité pour climatiser les maisons individuelles, les entreprises et les bâtiments publics pendant les périodes de canicule. Le tout dans une tendance plus globale d’augmentation de la demande en énergie – notamment pour le rechargement des véhicules électriques ou des objets connectés – qui a un impact direct sur la facture d’électricité des particuliers. 

D’où la nécessité pour le secteur de réduire la part de la piscine dans le budget énergétique des clients avec des équipements plus sobres et un fonctionnement optimisé.

Exemple de consommation d’une piscine par rapport aux autres équipements de la maison (Interface d’un compteur Linky). Ici, elle représente 10 % de la facture globale.

  • La filtration: elle représente 70 % à 90 % de la consommation électrique annuelle de la piscine (hors chauffage) ou +/- 45 % avec un système de chauffage. C’est le premier poste énergétique à optimiser.
  • Le chauffage : deuxième poste de consommation, il représente en moyenne 40 à 45 % du total de la facture énergétique de la piscine en saison. Contrairement à la pompe de filtration qui fonctionne au quotidien tout au long de la saison, les pics de consommation de la pompe à chaleur se concentrent au printemps et à l’automne pour étendre la période de baignade en maintenant une température confortable pour les particuliers.
  • Les autres équipements : ils représentent environ 10 % de la consommation de la piscine seulement (éclairage, système de traitement, robot de nettoyage, moteur de la couverture, etc.).

À la contrainte budgétaire s’ajoute le durcissement du cadre réglementaire environnemental. La sobriété énergétique n’est pas qu’une demande des clients, c’est une exigence des pouvoirs publics. La révision du règlement européen F-Gas, par exemple, impose la transition des PAC vers des fluides à très faible impact comme le R290 (cf. « Du gaz R32 au R290 : quels changements pour les PAC piscine ? »). En appliquant ces normes dès à présent, la filière démontre la volonté du secteur de réduire la consommation énergétique des piscines, et devrait contribuer à prémunir les propriétaires de piscines contre d’éventuelles restrictions lors des pics de tension sur le réseau électrique en été.

Le besoin d’énergie pour faire fonctionner la piscine

Le réchauffement climatique crée un paradoxe : alors que le prix de l’électricité est en hausse, les besoins en circulation et en filtration de l’eau de la piscine augmentent. En effet, avec des températures d’eau franchissant régulièrement les 28°C sur de longues périodes, le temps de filtration doit être prolongé pour éviter le développement des algues et des bactéries. Le propriétaire d’une piscine équipée d’une pompe monovitesse est contraint de la faire tourner sur des plages horaires beaucoup plus longues… avec un impact financier direct sur sa facture d’électricité.

Jusqu’alors réservé aux climats tropicaux, un nouveau besoin émerge en France avec les épisodes de canicule : le refroidissement de l’eau. Au-delà de 30°C, les traitements perdent en efficacité, les revêtements PVC (liners, membranes armées) souffrent, les algues se développent, etc. Certaines PAC proposées sur le marché sont réversibles et permettent de réguler la température à la baisse, mais viennent alourdir la facture du propriétaire de piscine.

Contrairement à l’eau, dont le prix au m3 ne permet pas d’attendre un ROI financier, l’investissement dans des équipements plus efficients s’amortit dans le temps. Les configurateurs proposés par les fabricants permettent de choisir l’équipement (pompe de filtration ou pompe à chaleur) le plus performant par rapport aux besoins de la piscine.

Les solutions pour alléger la facture d’électricité de vos clients

Comme pour l’eau, l’installation d’un compteur électrique dédié (module dans le tableau électrique de la maison, sous-compteur dans le local technique…) est un préalable indispensable pour sensibiliser le client à ses usages. Mesurer la consommation réelle lui permet de visualiser l’impact des équipements de sa piscine et d’identifier la moindre anomalie de fonctionnement. Pour le professionnel, ces données constituent également la preuve d’un gain financier obtenu après l’installation d’équipements plus efficients ou permettant d’optimiser la consommation d’électricité de la piscine (cf. « Comment réduire la facture énergétique de vos clients »).

Même si le parc de piscines est encore peu équipé de pompes à vitesse variable – le filtre à sable restant la référence – elle n’en est pas moins une alternative qui devrait s’imposer dans les locaux techniques dans les prochaines années. Le principe de son efficacité repose sur une loi physique de l’hydrodynamique : diviser la vitesse de rotation par 2 réduit la consommation électrique par 8 !
En la faisant fonctionner 24h / 24 à bas régime, on réduit la facture d’électricité de la filtration de près de 70 % par rapport à une pompe mono-vitesse classique.
Quant aux bénéfices induits ils comprennent : une meilleure qualité de filtration (passage lent à travers le média), un fonctionnement beaucoup plus silencieux et une réduction des besoins en chimie (du fait d’une meilleure filtration).

Avec le développement de la technologie Full Inverter, contrairement aux anciennes PAC On/Off qui fonctionnent à 100 % de leur puissance à chaque déclenchement, les PAC Full Inverter modulent en temps réel la vitesse de leur compresseur et de leur ventilateur en fonction des besoins réels du bassin. Résultat : elles ne consomment que la puissance exacte nécessaire pour maintenir la température de consigne, évitant les pics de consommation au redémarrage. Elles affichent également des coefficients de performance (COP) très élevés (cf. « Pompes à chaleur : pourquoi parler de SCOP plutôt que de COP ? »).

Chauffer un bassin sans le couvrir équivaut à chauffer une maison fenêtres ouvertes. L’installation d’une couverture (volet roulant, abri, bâche à bulles…) constitue le premier pas vers des économies d’énergie.
En couvrant la piscine, on agit sur deux leviers majeurs :

  • Conservation des calories de l’eau : limitation de l’évaporation – responsable de plus de 80 % des pertes thermiques – et conservation de la chaleur accumulée dans la journée, évitant les déperditions nocturnes et réduisant drastiquement le temps de fonctionnement de la PAC.
  • Réduction du besoin en filtration : en faisant obstacle aux pollutions extérieures (feuilles, poussières, insectes, débris végétaux), la couverture réduit le temps d’encrassement du filtre. Résultat : la pompe de filtration est moins sollicitée pour éliminer les impuretés et la consommation de produits pour éliminer algues et bactéries baisse significativement.

Pour optimiser la consommation énergétique des différents équipements du local technique, rien de mieux qu’un chef d’orchestre. Ce rôle, traditionnellement dévolu au technicien piscine, a évolué. Le professionnel peut maintenant s’appuyer sur les régulations automatiques et les coffrets de gestion centralisés (domotique) pour automatiser certaines des fonctions de la piscine et optimiser son fonctionnement. L’objectif ? Maintenir une qualité d’eau parfaite pour la baignade. Ce faisant, l’intelligence embarquée ou déportée (cloud) – qui commence d’ailleurs à s’appuyer sur l’IA – permet également d’optimiser la consommation d’énergie.

La piscine est le partenaire naturel du photovoltaïque : sa courbe de consommation coïncide parfaitement avec la courbe de production solaire. C’est en été, lorsque le soleil brille au maximum, que la piscine a le plus besoin de filtrer et de chauffer.
En associant le local technique à des panneaux photovoltaïques dédiés, l’installation permet de réduire drastiquement le recours au réseau électrique et peut même couvrir une partie des besoins de la maison grâce aux surplus de production.
Quant aux solutions les plus évoluées déjà disponibles sur le marché, elles permettent de déclencher la pompe de filtration et la PAC au moment exact où les panneaux produisent de l’électricité gratuite, permettant au client de faire fonctionner sa piscine en autoconsommation quasi-totale au cœur de la saison.

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