AccueilProduits et techniqueParlons techniqueL’éclairage en piscine : de l’ombre à la lumière

L’éclairage en piscine : de l’ombre à la lumière

Publicité

Longtemps réduit à un simple projecteur énergivore de 300 watts, l’éclairage de piscine a connu une véritable révolution technologique en deux décennies. Aujourd’hui, entre performance énergétique de la LED, miniaturisation des projecteurs et connectivité, il ne s’agit plus seulement d’éclairer, mais de sublimer et de sécuriser le bassin. Comment transformer cette « variable oubliée » en un argument majeur des projets de rénovation de vos clients ?
Décryptage.

Des traditionnels projecteurs 300 watts…

Pendant près de 40 ans, « le marché de l’éclairage de piscine a été dominé par des projecteurs en verre de 300 watts à filament, adaptés de technologies développées par General Electric pour d’autres secteurs du bâtiment » explique Philippe Poma. Bien qu’adaptés aux règles électriques de l’époque, ils n’étaient pas spécifiquement conçus pour une installation en milieu aquatique. En revanche, il était facile pour les fabricants de la filière de créer des pièces à sceller spécifiques pour les installer dans des niches de paroi (PAR 56).

Ces projecteurs 300 W présentaient trois inconvénients, énergétiquement parlant :

  • Une consommation énergétique très élevée, afin de fournir la puissance d’éclairage nécessaire pour l’illumination de l’intégralité du bassin, qui ne comportait qu’un ou deux projecteurs ;
  • Un dégagement de chaleur important nécessitant une forte résistance thermique de ses composants.
  • Un éclairage trop éblouissant, installé du côté opposé au lieu de vie, et souvent peu utilisé.

La conséquence était qu’au-delà de la consommation d’énergie – divisée par 40 en 40 ans – il était nécessaire de remplacer régulièrement les ampoules des projecteurs.

… à la révolution de l’éclairage LED

C’est en 2005 qu’est introduite la LED, une technologie issue de la signalisation, qui offre une forte puissance lumineuse pour une faible consommation, notamment grâce à des optiques qui augmentent la performance des lampes LED, tout en protégeant les utilisateurs.
Car contrairement aux ampoules à filament, dans la LED, la dissipation de la chaleur se fait par l’arrière et non par l’avant, et nécessite de lui associer un « radiateur ». Mais comme, en piscine, la lampe est installée dans une paroi, sans espace à l’arrière, il a fallu se passer de cette technologie de refroidissement et limiter sa puissance lumineuse par rapport aux besoins théoriques pour protéger ses composants et imaginer de nouvelles solutions pour que la LED soit une solution viable économiquement et sûre. 
Depuis, le cadre normatif suit le rythme de l’évolution technologique de la LED, notamment en termes d’émissions électromagnétiques, de basse tension, et de pilotage à distance (radio, Bluetooth, Wi-Fi).

Des technologies qui évoluent en permanence

Des solutions toujours plus discrètes pour créer des ambiances sur mesure
Les technologies évoluant (avec notamment la miniaturisation de l’électronique), les éclairages se sont faits de plus en plus petits et discrets, privilégiant le résultat lumineux à l’objet lui-même. Aux traditionnels projecteurs PAR 56 sont venus s’ajouter des projecteurs et micro-projecteurs, proposant plusieurs gammes de couleurs (blanc chaud, blanc neutre, blanc froid ou « tunable » pour faire varier la couleur) qui permettent de personnaliser l’éclairage en multipliant les points lumineux pour créer des ambiances sur mesure, en « gommant » les zones d’ombre et les petits détails imparfaits des bassins (saletés, défauts du revêtement, etc.). Le tout en harmonie avec l’éclairage du jardin.

… et du confort avec la programmation et le pilotage à distance

D’un fonctionnement uniquement on/off, l’éclairage est désormais programmable, et se pilote à distance, depuis une télécommande ou une application, notamment pour gérer le changement de couleur ou d’ambiance. Avec la filtration, il fait partie des deux fonctionnalités proposées par défaut dans les coffrets électriques, des plus simples aux plus évolués.

Contrairement à une pompe, un électrolyseur ou une pompe à chaleur, l’éclairage est bien souvent le « parent pauvre » de la piscine. Même si son rôle peut paraître secondaire, il est tout à la fois : 

  • un élément de sécurité la nuit : l’éclairage joue un rôle essentiel pour la sécurité des usagers du bassin en évitant les chutes accidentelles ;
  • un élément esthétique et ludique central de la maison : il contribue à valoriser l’espace piscine et jardin, tant par son côté décoratif qu’en créant des zones sécuritaires, d’ambiance et de loisir personnalisables, qui évoluent au gré des envies des propriétaires de piscine ; 
  • une variable d’économies d’énergie : même si aujourd’hui, grâce à la LED, l’impact de l’éclairage est minime sur la facture énergétique des propriétaires de piscine, bien géré, il permet des économies supplémentaires ;
  • et une source de valeur ajoutée – économique, satisfaction client, image d’expert – pour les professionnels. 

D’autant, qu’aujourd’hui, l’éclairage offre de nouvelles perspectives, tant pour la rénovation que construction.

Projecteurs LED Evologic (Hayward)
Projecteur linéaire (Seamaid)

Les piscines actuelles, qui s’éloignent du grand rectangle classique (12 x 6) pour des formats plus compacts (moins de 10 m², couloirs de nage), intègrent désormais des espaces spécifiques avec des banquettes, des plages immergées ou des zones balnéo qui modifient la circulation de l’eau et de la lumière, et nécessitent de repenser la distribution lumineuse.

La preuve, la catégorie « Piscine de nuit » – que l’on retrouve dans tous les concours nationaux (Trophées de la piscine) et internationaux (EUSA Awards) – qui démontre, année après année, que l’aspect du bassin la nuit est systématiquement pris en compte dans les projets de construction mais également de rénovation. Un projet de rénovation structurelle (modification du bassin et des plages) est d’ailleurs le moment opportun pour proposer aux clients de remplacer le système d’éclairage de leur piscine.L’époque du projecteur unique en paroi est révolue. Un seul point lumineux crée des zones d’ombre marquées, particulièrement dans les bassins complexes.

Aujourd’hui, il est préférable de proposer une multiplication des sources lumineuses pour éclairer précisément ces zones de vie (marches, plages enfants) avec des blancs adaptés ou de la couleur (RGB). D’autant que, comme nous l’avons vu, l’évolution des technologies permet désormais d’utiliser des mini-projecteurs (type traversée de paroi). Plus petits, ils se font discrets tout en offrant une puissance ciblée. Cette approche permet, en plus de supprimer les zones d’ombre, de valoriser l’ensemble du bassin avec un éclairement homogène.

L’éclairage est souvent négligé jusqu’à ce qu’une panne survienne. Se pose alors la question du diagnostic qui nécessite une approche méthodique et pragmatique, du local technique vers le bassin.

Les causes principales de dysfonctionnement

1. Alimentation électrique : 

  • Surtension du réseau : en courant alternatif, les condensateurs et les redresseurs de courant sont les premiers « à griller » en cas de mauvaise protection. 
  • Transformateur « fatigué » ou bruyant, symptômes potentiels d’un défaut.

2. Câblage et connexions : 

  • Borniers desserrés : dans le cadre d’un contrat d’entretien, à l’ouverture du bassin (cf. « Ouverture de la piscine : étapes clés d’une mise en route réussie » – Enjeux Piscine n°7 – Avr./Mai 2025)
  • Fils oxydés : un fil qui a été longtemps été soumis à la chauffe d’une ampoule 300W peut avoir noirci et ne conduira plus correctement le courant.
  • Câble sectionné sous la plage : cisaillement ou arrachement en raison d’un mouvement de terrain, par exemple.

3. Étanchéité défaillante :

  • Fissures sur l’optique ou présence d’eau à l’intérieur du projecteur (joints défaillants), 
  • Presse-étoupe fuyant dans la niche.
  • Présence d’humidité dans les boîtes de dérivation, souvent en raison d’un défaut voire d’une absence d’étanchéité.

La question des variations de tension du réseau

Les transformateurs classiques bobinés (dits « ferromagnétiques ») sont de simples réducteurs de tension passifs (230V vers 12V) « dénués d’intelligence ». Ils ne protègent pas l’installation contre les variations de tension du fournisseur d’énergie (1) auxquels les composants électroniques des appareils, dont ceux de la LED, pourraient être sensibles – avec un risque de surchauffe des composants et donc de dégradation prématurée –. Il est donc important, au moment du choix de la lampe, de s’assurer qu’elle est en mesure d’absorber des variations de tension (+/- 10 % par exemple), afin de réduire le risque de panne et donc la nécessité d’intervention d’un professionnel au planning déjà très chargé en saison.
Attention : Dans certains sites, il est important de mesurer les variations de tension avant le raccordement dans le local technique et d’installer, si nécessaire, des équipements complémentaires pour protéger l’installation. 

(1) À noter : avec la diversification des sources de production d’énergie électrique, notamment des énergies renouvelables, les risques de pics de tension devraient se multiplier. Les fabricants suivent ces évolutions pour adapter leurs produits.

PAR 56, le remplacement standard
Le format PAR 56 reste un standard en rénovation, car son remplacement ne nécessite pas de lourds travaux d’adaptation. Il suffit de remplacer le projecteur 300 W ou halogène par un modèle LED. C’est aussi l’occasion de proposer au client d’échanger l’enjoliveur (qu’il soit abîmé ou non) et de remplacer les autres pièces à sceller du bassin (skimmers, buses de refoulement) pour réinventer simplement l’harmonie du bassin avec des formes, couleurs et matériaux plus modernes.

La traversée de paroi, le nouveau standard
La traversée de paroi est devenue la solution de référence en matière d’installation d’éclairage de piscine. Elle s’adapte à presque tous les types de supports et simplifie le travail du professionnel. Elle permet également la multiplication des points d’éclairage dans le bassin. Son diamètre standard de 1,5 pouce réduit celui du perçage, limitant mécaniquement les risques de fuite sur la structure.
Le raccordement électrique au local technique s’effectue dans une boîte de connexion, derrière la paroi, ne nécessitant pas d’abaisser le niveau du bassin pour une intervention sur le projecteur. Attention : la boîte de connexion doit impérativement être installée plus haut que le niveau d’eau.

La fixation murale en « croix », peu utilisée sur le marché français
Contrairement aux systèmes à niche, le presse-étoupe est situé directement dans le bassin, derrière le luminaire. Bien que ce système soit simple à poser, il s’avère moins pratique à l’usage que la traversée de paroi, car, pour tout remplacement ou réparation, il est indispensable de baisser le niveau d’eau sous le projecteur. C’est la seule façon d’accéder au câble et au presse-étoupe sans risque de fuite.

À noter : la plupart des fabricants d’éclairage proposent aujourd’hui des kits d’installation avec leurs projecteurs qui permettent aux professionnels de s’adapter à toutes les situations (niche, traversée de paroi, etc.).

Remerciements à Philippe Poma (Seamaid), Sébastien Marc (Fluidra) et Stéphane André (CCEI)