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Capteurs, sondes et régulations, pourquoi ils deviennent essentiels aujourd’hui ?

Piscine connectée et domotique – Épisode 2

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Dans un contexte de saisons plus chaudes, de nécessité de protection de la ressource en eau, et de besoin de confort des clients, l’activité des professionnels se complexifie. Alors que le temps et les compétences des équipes manquent souvent, comment le piscinier peut-il s’appuyer sur des capteurs et des sondes pour automatiser au minimum la piscine de ses clients et développer son activité SAV et maintenance ?
Remerciements à Omar Saaid (Klereo) et François Fasquel (Bayrol) qui nous ont aidé à préparer cet article.

Des eaux plus chaudes, des saisons de baignade qui s’allongent

Avec le changement climatique, la température de l’eau des piscines grimpe, y compris dans les régions les plus septentrionales. Les eaux des piscines sont également chaudes plus longtemps, la saison estivale s’allongeant, pour le plus grand bonheur des propriétaires de piscine. La contrepartie est que cette hausse des températures favorise le développement des algues et des bactéries, augmentant mécaniquement les besoins en filtration et en chimie, et nécessite davantage de surveillance des paramètres de l’eau.

Des épisodes climatiques plus forts et plus nombreux

Entre les fortes pluies printanières – à tendance acide – qui font chuter l’alcalinité (TAC) des bassins et entraînent en ruisselant des déchets végétaux, et les épisodes de canicule qui se multiplient, la chimie de l’eau peut se modifier rapidement et augmenter le risque d’un virage d’eau rapide.

La nécessité de conserver l’eau le plus longtemps possible…

Face aux défis de l’eau, économiser celle du bassin est devenu un enjeu pour les professionnels et les clients. La multiplication des arrêtés sécheresse vient compliquer le remplissage au démarrage de la saison, et la remise à niveau au cœur de l’été. D’où l’importance d’éviter les dérives pour ne pas avoir à la remplacer.

… tout en faisant baisser la facture énergétique de la piscine

Maîtrise de la qualité de l’eau et conservation de la température sont essentielles pour éviter de devoir faire fonctionner en continu et à plein régime la pompe de filtration ou le chauffage dans un contexte d’augmentation du prix de l’électricité. 

Résultat : un besoin de surveillance toujours plus important pendant la saison pour maintenir l’eau sans consommer trop d’énergie ni de chimie et éviter de traiter « à l’aveugle ».

  • Le temps : en saison, les techniciens courent après le temps et ne peuvent pas multiplier les déplacements pour répondre aux demandes de conseil et d’intervention des clients. Leur temps d’intervention est également plus court alors que nombre de problèmes d’eau nécessitent de rester sur place suffisamment longtemps pour analyser et corriger le problème.
  • La réactivité : lorsque l’eau d’une piscine commence à verdir en pleine vague de chaleur et que le client est soit absent, soit ne sait pas quoi faire, l’intervention du technicien doit avoir lieu dans les 24 à 48 h faute d’aggravation rapide du problème. 
  • La compétence des équipes et l’interprétation des analyses : l’entretien nécessite de bonnes connaissances du traitement de l’eau. Lire une valeur d’analyse ne suffit pas, il faut savoir l’interpréter au regard du contexte (impact du TAC sur le Redox, effet de la température, baisse du pH…) et déclencher la bonne action, au bon moment et à la juste dose. 
  • Des clients moins enclins à patienter : le client d’aujourd’hui n’attend plus, il est devenu plus exigeant et demande une réponse rapide à sa question ou une résolution immédiate de son problème. 

De la nécessité pour le piscinier d’être davantage proactif :

Confronté à ces différentes contraintes, le piscinier doit être en mesure d’agir – surtout en pleine saison – afin de prévenir un problème (bidon vide, pH trop bas, surproduction de désinfectant, etc.) ou une panne matérielle avant qu’elle ne survienne.

Réguler n’est pas simplement automatiser :

Une horloge mécanique qui gère le cycle de filtration ou un électrolyseur sans régulation sont des automatisations « aveugles ». Ils permettent de déclencher une action régulière sans intervention humaine. Leur programmation n’est pas automatiquement adaptée à la situation réelle de la piscine, ni à des paramètres extérieurs, comme la fréquentation du bassin ou les conditions météorologiques. 

Des données pour « analyser » avant d’agir.

Pour qu’un appareil ajuste son fonctionnement (durée de filtration, injection de pH, production de chlore, déclenchement du chauffage, etc.) il a impérativement besoin d’organes de mesure : des sondes et des capteurs qui seront les yeux de chaque appareil d’automatisation, et lui remonteront des informations qui lui permettront d’adapter son fonctionnement aux besoins et à la situation réelle. 

Des alertes :

  • Pour prévenir le propriétaire de piscine et/ou son professionnel d’une chute de pH, d’une perte de pression ou de débit, que le niveau du bidon de chlore liquide est bas, etc. et permettre d’intervenir rapidement. Objectif : éviter que l’eau ne vire ou que le problème constaté ne s’aggrave en intervenant manuellement ou à distance si l’appareil est connecté (cf. « Connecter le local technique du client : du pourquoi au comment »).
  • Pour protéger et allonger la durée de vie des équipements du bassin : un électrolyseur de chlore sans sonde Redox peut surproduire et endommager le revêtement, un électrolyseur sans sonde de température va continuer de produire même quand l’eau est froide, ce qui va endommager sa cellule, une pompe de filtration sans détecteur de débit va continuer de fonctionner jusqu’à surchauffer par manque d’eau pour la refroidir, etc.
  • Pour réduire les consommations : l’analyse croisée des données de température, du taux de désinfectant, du débit, du niveau d’eau, etc. avec des informations externes comme les conditions météorologiques (ex : pluie) ou la fréquentation du bassin vont permettre aux appareils d’adapter encore plus précisément leur fonctionnement. Avec, a minima, une sonde de température, la pompe va automatiquement adapter son temps de filtration au degré près, ce qui va permettre de réaliser d’importantes économies d’énergie, l’appareil étant le 1er poste de coût d’une piscine.
  • Du confort pour les clients : en permettant de maximiser la baignabilité tout en réduisant le besoin d’intervention du client, et de lui offrir une expérience piscine optimale, avec un minimum de contraintes.
    À noter : pour éviter de « stresser » le particulier et limiter les appels téléphoniques aux seuls indispensables, les alertes peuvent être filtrées pour que le client ne reçoive que les informations nécessaires.

Pour obtenir des informations et automatiser tout ou partie des fonctions de la piscine, le client et/ou son professionnel ont à leur disposition une série de capteurs et de sondes.

Température, débit et pression :

  • Sonde de température d’eau : l’information n°1 demandée par les clients. Elle sert à la thermorégulation (ajustement du temps de filtration ou de la vitesse de la pompe), à stopper l’électrolyseur pour préserver sa cellule en hiver, à gérer le chauffage/refroidissement, etc. Pour une mesure plus précise, il est recommandé d’installer la sonde de température de l’eau dans le local technique. 
  • Sonde de température d’air : elle permet notamment de mettre automatiquement les appareils en mode hors-gel en cas de gelées hivernales.
  • Capteur de pression : placé avant le filtre, il permet de contrôler son niveau d’encrassement (à la place ou en complément du manomètre). 
  • Débitmètre (sur canalisation) : mesure le débit réel en m³/h. C’est une donnée indispensable pour piloter les pompes à vitesse variable, même en cas d’encrassement du filtre.
  • Détecteur de débit (sécurité) : à palettes (sur canalisation) ou à pointeau (dans les chambres d’analyse), il permet de vérifier la présence d’eau avant toute injection d’une dose de produit ou toute production de chlore.  

Équilibre de l’eau et désinfection :

  • Sonde pH : mesure de l’acidité de l’eau, paramètre clé de l’efficacité des désinfectants.
  • Sonde Redox (Potentiel d’oxydoréduction) : mesure du pouvoir oxydant de l’eau. Économique et très répandue, elle est sensible aux variations d’alcalinité (TAC).
  • Sonde ampérométrique : mesure directement le taux de chlore libre en mg/L. Solution très précise, utilisée principalement en piscine de collectivité en raison de son coût, très supérieur à celui d’une sonde Redox.
  • Sonde potentiostatique : combine une sonde Redox détournée et une autre électrode afin de permettre la mesure directe du chlore libre en mg/L avec un coût réduit par rapport à la sonde ampérométrique.
  • Capteur de conductivité : intégré aux électrodes de la cellule d’électrolyse, il mesure la conductivité de l’eau pour indiquer le taux de sel (avec assistant de réajustement en kg).
  • Détecteur de gaz (cellule d’électrolyse) : électrode(s) vérifiant la présence d’eau et l’absence d’accumulation d’hydrogène dans la cellule pour éviter sa détérioration.  

Gestion des niveaux d’eau et de produits consommables :

  • Capteur de niveau d’eau / bac tampon : mesure la hauteur d’eau (en cm) dans le bac tampon (piscines à débordement) ou le bassin pour gérer le remplissage, le trop-plein et la sécurité anti-marche à sec des pompes de filtration.
  • Crépine à contact de niveau bas : capteur placé dans les bidons de produits chimiques (pH, chlore) pour déclencher une alerte de préalarme avant que le bidon ne soit vide.
    Pour suivre précisément le niveau de produit restant, il existe maintenant un système de balance qui pèse le bidon. Cette innovation récente permet de détecter d’éventuelles pannes de dosage comme un injecteur cristallisé.
  • Capteur de fin de course du volet : indique si le volet est ouvert ou fermé pour adapter le traitement ou gérer certaines automatisations (ex. couper l’éclairage si le volet est fermé).  
  • Compteurs d’eau et d’électricité : permettent de suivre les consommations et de détecter à distance d’éventuelles fuites d’eau ou surconsommations électriques.

Quels intérêts pratiques et économiques pour les professionnels ?

  • Des gains de productivité démultipliés : grâce aux informations remontées par les sondes et les capteurs connectés, le professionnel entre dans une véritable logique de gestion de parc, combinant interventions à distance et déplacements chez les clients.  Cela permet de gérer davantage de bassins sans augmenter proportionnellement son équipe de techniciens dédiés à l’entretien et à la maintenance. 
  • Réduction des « déplacements à perte » : grâce aux informations remontées sur son tableau de bord, le technicien piscine peut réaliser un pré-diagnostic à distance. Cela lui évite de se déplacer pour des situations qui peuvent être corrigées à distance et de pouvoir intervenir sur site en emportant les outils, produits et pièces détachées nécessaires à la résolution du problème. 
  • Du SAV « pompier » à la maintenance préventive : les préalarmes (bidon vide, perte de débit, etc.) permettent au professionnel d’anticiper tout déséquilibre avant même que le problème ne survienne, pour la plus grande satisfaction de son client (cf. « Prévenir plutôt que guérir : les coûts cachés d’une eau mal gérée »). 
  • Un nouveau modèle économique basé sur la récurrence : en proposant à ses clients des contrats d’entretien mensualisés de télégestion et de suivi à distance, associés, par exemple, à seulement 1 à 3 passages physiques clés dans l’année (remise en route, contrôle mi-saison, hivernage) ce qui permet d’ailleurs de planifier la charge de travail des techniciens et de gérer davantage de bassins en entretien. 
  • Traçabilité en cas de litige : l’historique des données enregistrées par les capteurs et les sondes peut servir de preuve en cas de litige avec un client suite à la constatation d’un désordre et pourra contribuer à identifier si le problème est la conséquence d’un défaut matériel ou d’un mauvais usage du client.